Liberté – monde intérieur, monde extérieur

En permanence nous vivons à la fois dans deux mondes très différents : Le monde extérieur et le monde intérieur. Peu à peu, avec le temps, l’accueil de ses rêves, la tentative de les comprendre, nous amène à ressentir que ces deux mondes sont très différents, très séparés et à la fois très imbriqués. Nous avons de plus en plus la sensation, la conscience que notre implication dans notre vie extérieure est comme un chemin qui se dessine pour avancer vers ce que nous sommes profondément à l’intérieur. Mais on peut dire aussi l’inverse. Notre implication, notre évolution dans notre monde intérieur est une nourriture pour avancer dans le monde extérieur. L’implication dans notre vie extérieure n’est pas de faire obligatoirement des choses extraordinaires. C’est répondre en permanence à ce que nous demande la vie au quotidien. C’est un engagement intérieur très important qui nous est demandé. On le perçoit peu à peu…

Ces deux mondes (ou deux plans) ils peuvent être également le monde de la conscience rationnelle et le monde de l’inconscient irrationnel (les anciens disaient l’âme). Mais ce n’est pas toujours simple de les repérer, surtout chez soi. C’est plus facile chez les autres. L’inconscient n’est pas perceptible par notre moi conscient, il ne l’est que par ses manifestations bien concrètes. Ces manifestations sont en général perçues seulement comme des faits, des attitudes, des comportements, des hasards. Nous ne pouvons les voir comme des manifestations de l’inconscient que quand nous commençons à nous en libérer, à les rendre conscientes en nous.

Nous avons tous un immense besoin de liberté qui est un état dans lequel les conflits qui nous oppressent disparaissent, un sentiment d’ouverture où tout est possible, plus de frontières, une confiance en la vie où l’inquiétude n’a plus de place, l’acceptation de la réalité, un amour inconditionnel, une paix…

Cette liberté nous la recherchons à l’extérieur dans nos relations, nos réalisations, nos consommations… Nous projetons (voir Projection dans le Glossaire) notre besoin intérieur dans le monde extérieur. Mais quand nous semblons approcher cette liberté elle ne dure pas ou elle se dérobe car elle reste dépendante de cet extérieur.

Voici un rêve dans lequel la rêveuse a ressenti intensément, physiquement cette liberté.

Rêve – Reconduite du pass vaccinal

Une nouvelle vient de tomber.

Reconduite du pass vaccinal pour un an. A ce moment là je me trouve avec d’autres personnes. Je dis que pour moi il n’est pas question d’accepter.

C’est NON. Je le dis avec force.

Certaines personnes disent : On ne peut pas faire autrement…

Devant moi il y a une grande fenêtre bien ouverte. Par cette fenêtre j’aperçois un autre univers. La nature, des lieux d’habitations. Tout ce qui fait la vie. La vraie vie. Je dis : J’y vais… Je sais que je vais m’affronter aux vrais éléments de la vie. Le beau mais aussi le difficile. J’abandonne ainsi l’enfermement dans lequel on se trouve.

Je ressens que je suis libérée d’un poids énorme.

Pour mieux comprendre ce rêve il faut savoir que jusque là cette rêveuse a refusé de se faire vacciner et que cette position la prive d’une partie de sa vie. En même temps, pour elle, son refus est une défense de sa vie, de sa liberté et de celles des autres.

Voici ses commentaires quelques jours après ce rêve.

 » Je me rappelle de la sensation du rêve. Cette annonce de la reconduction du pass vaccinal pour un an inscrit fortement ce pass dans la durée. Cela va continuer. Je ne sais pas quand cela va s’arrêter… C’est quelque chose qui est là… qui m’arrive… Je me mets avec.

Je ne refuse pas cette réalité. Celle reconduction elle est là. Je ne peux rien faire, je ne peux pas changer cette réalité. Par contre il y a quelque chose qui émerge en moi. Je dis NON. Le NON c’est quand même une façon de s’inscrire dans autre chose, d’amener une sorte de réponse, d’intégrer quelque chose. Au moins j’ai quand même une sorte d’indépendance, d’autonomie par rapport à cette histoire.

Avant d’avoir dit NON je ne voyais pas la fenêtre. Il y a une légèreté dans cette fenêtre ouverte, c’est une bouffée d’oxygène, c’est la vie. Elle ouvre sur la vie, sur une perception d’autre chose. Je me suis libérée d’un poids énorme. Mais cette légèreté englobe les contraintes de ce pass, cet espèce de poids énorme que je ressens, les difficultés seront là de toute façon, ce sera difficile. L’un ne va pas sans l’autre.  Ça m’agace profondément et en même temps il y a des choses qui s’ouvrent. Comment ça peut arriver ça? « 

Ce rêve a laissé une marque importante dans la vie de la rêveuse, dans sa vison du monde et de sa place dans le monde. Par la découverte de cette fenêtre elle a pu accéder à une liberté intérieure, une légèreté, une sensation de vie. Mais pénétrer dans cet autre monde n’est pas une fuite vers un paradis, ce n’est pas un « rêve » imaginaire créé par le moi pour fuir les difficultés de la vie. Ce monde intérieur ne supprime pas le monde extérieur. Il le rend vivant, il permet de le prendre à bras le corps.

Nous retrouvons ici le lien entre les opposés dont il était question dans l’article La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir?. Dans le premier rêve de cet article « Une prison light pour hommes » la rêveuse, qui n’est pas la même que celle de ce rêve (Reconduite du pass vaccinal), a ressenti également cette liberté intérieure représentée par ces femmes qui ont créé une oasis de vie au centre de la prison. Mais là aussi cela a été possible car la rêveuse a accepté la réalité de la prison dans laquelle elle était, prison qui lui évoquait les difficultés  de sa vie personnelle ainsi que les contraintes résultant des mesures gouvernementales concernant la situation sanitaire.

Cette liberté intérieure nous l’avons vue également dans l’article L’amour est-il impossible? quand il est question du coup de foudre (nommé amour divin) qui nous transforme radicalement au point de nous faire ressentir que la vie est belle, pleine, que tout est possible, que nous pouvons quitter notre vie quotidienne actuelle qui paraît grise à côté de cet espace de liberté qui s’ouvre devant nous. De même dans cet article nous avons vu ces deux mondes intérieur (amour divin) et extérieur (amour humain) très différents, très séparés et à la fois très imbriqués.

Voici un rêve où la sensation de liberté n’est pas forcément ressentie par la rêveuse mais cette sensation est en devenir, en construction sans qu’elle en soit très consciente. On peut comprendre que le rêve est là pour l’aider à développer cette conscience de la liberté en acceptant les changements, transformations qui sont à l’œuvre en elle.

 

Rêve – Rencontre avec les Roms.

Je vais chez mes parents qui ont une immense maison style 1970. De grandes pièces spacieuses. La déco est rustique mais il y a un grand potentiel. A travers les grandes baies vitrées j’aperçois dans la rue de jeunes Roms. Dès qu’ils me voient ils s’éloignent. Une femme âgée sonne à la porte. Je vais lui ouvrir. Elle est très dynamique, elle court partout. Dehors elle a parlé avec les Roms. Elle essaye de faire le lien entre les Roms et moi.

La rêveuse dit qu’elle était plutôt ouverte envers les Roms et en même temps partagée. Pour elle ils représentent la liberté, l’imprévisible. Elle est attirée par eux et en même temps elle appréhende cet imprévisible. Cet imprévisible qui peut déboucher sur l’inorganisation, l’éclatement, l’insécurité. Mais le refus systématique de l’imprévisible ferme la porte au renouveau, à la vie qui vient de l’inconscient. Les Roms sont proches de l’inconscient, de la vie, de la liberté.

Leur comportement est très bien décrit dans le film « Tom Médina »  (bande annonce interview du réalisateur Tony Gatlif).  Il faut lire également le livre  » Gadji » de Lucie Land (existe en livre de poche) , une immersion dans le monde Rom, une vie de liberté, de joie, du tout est possible dans un monde souvent cruel.

Dans ce rêve une femme âgée, dynamique, qui pourrait représenter une forme de sagesse, essaye de faire le lien entre la rêveuse (sa conscience) et les jeunes Roms (son inconscient plein de dynamisme). Sa conscience est à la fois attirée par cette proposition et inquiète de perdre une certaine sécurité. Cette sécurité est représentée par ses parents. Elle est dans la maison de ses parents qui représente ce qu’elle connait, ce qu’elle a appris dans son enfance, les habitudes, les traditions. Mais le rêve lui montre que la maison a changé car elle n’est pas du tout celle de la réalité extérieure. Elle est très grande, les pièces sont spacieuses et la déco rustique ne sera pas un problème car il y a beaucoup de potentiel. On peut prévoir que dans l’avenir la rêveuse transformera cette maison à son image pour l’habiter tout en étant en contact avec de dynamisme des jeunes Roms.

Trouver sa liberté intérieure, c’est aussi se trouver soi-même, aller vers la conscience de la totalité de sa personnalité en acceptant les parties faibles, rejetées, refoulées dans l’inconscient. Les Roms sont aussi un symbole de ces parties rejetées. (voir Accepter nos faiblesses, nos handicaps).

 

Voici un rêve qui a première vue ne semble pas parler de liberté. Et pourtant …

Rêve – L’écho.

Les mots que je dis doivent me revenir en écho. Je cherche un lieu qui offre la bonne résonance.

Je me place face à la montagne. C’est très tôt, on devine le soleil, Je dois trouver le bon emplacement, la bonne hauteur, le bon angle, c’est très précis pour que le mot me revienne avec la bonne résonance.

Cela prend du temps.

Lorsque le mot me revient, je l’intègre, c’est une nourriture.

A chaque fois que je dis un mot je réajuste ma position pour que le mot me revienne de la façon la plus juste possible. Je dois être très attentive. Cela va durer toute la nuit.

J’ai la sensation que la répétition a une fonction. Au fur et à mesure je me sens de plus en plus en phase. L’écho renvoie le mot plus fortement à l’intérieur. Le matin en me réveillant, je sens l’écho en moi , c’est très fort. Pour moi c’est le phare.

Dans ce rêve la rêveuse sait que les mots doivent lui revenir en écho. Elle sait également qu’elle doit réajuster en permanence sa position, le lieu où elle se trouve, pour que le mot qui lui revient soit le plus juste possible. Elle sait mais il n’y a pas d’explication sur ce savoir. Personne ne lui dit, ni lui impose ce savoir. Elle ne l’a pas obtenu par un travail, une méthode, un raisonnement, une lecture, une pensée… Elle sait. Ce savoir ne vient pas de sa conscience.

Et comme elle sait, elle fait. Elle répète inlassablement, toute la nuit car le mot qui lui revient est une nourriture. Il est de plus en plus nourrissant au fur et à mesure qu’elle s’approche de la bonne position.

En fait elle est entrée en dialogue avec une partie d’elle même, un double (l’inconscient, son homme intérieur…) qui ne parle pas le langage de la conscience (rationnelle) mais néanmoins sait répéter les mots qu’elle prononce dans la mesure où elle est au bon endroit. En lui renvoyant ses mots il les utilise comme un véhicule pour transporter son langage à lui qui est perçue par la rêveuse (la conscience) comme une nourriture.

La rêveuse, la conscience, a découvert comment entrer en contact avec son inconscient, que ce contact est une nourriture puissante qui enrichit ses mots, les rend nourrissants, forts, vivants. Ce contact sera de plus en plus riche au fur et à mesure où elle se rapprochera d’une position, d’un lieu, qu’elle ne peut trouver que par tâtonnements.

Elle a découvert une ouverture, une fenêtre qui lui permet d’accéder à la source de la vie comme dans le rêve du début de cet article (« Reconduite du pass vaccinal »). Elle a découvert le lien possible entre ces deux mondes très différents, qui ne parlent pas la même langue, celui de la conscience rationnelle et celui de l’inconscient irrationnel.

Elle a découvert comment s’engager au quotidien dans le contact à la fois avec son monde intérieur et avec son monde extérieur. Cette liberté tant recherchée elle ne peut advenir que dans une acceptation profonde des contraintes qui nous sont imposées tant à l’extérieur (par les autres, la structure de la société, les manifestations de la nature…) qu’à l’intérieur ( par les forces inconscientes). Cette acceptation ne peut advenir que par la conscience de ces contraintes, conscience qui n’est pas qu’une conscience rationnelle.

J’espère qu’à la lecture de cet article on comprendra, ce qui n’est pas toujours évident pour un rationnel occidental (dont je suis), que l’acceptation profonde des contraintes n’exclue nullement de s’engager avec force contre celles que nous considérons comme nuisibles.

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