Les rêves et la vie

Le but de ce site est de vous aider à être en lien avec votre intériorité, votre profondeur, en vous familiarisant avec la compréhension de vos rêves.

Les rêves présentés ont été choisis pour représenter le plus simplement comment fonctionne l’âme humaine ou plutôt comment je la perçois dans mes propres rêves et dans ceux des personnes qui me les confient. Les noms ont été changés et les détails trop personnels enlevés par respect pour l’intimité des rêveurs.

Ce site est en chantier. Il le sera toujours. Comme la Vie qui ne se laisse pas enfermer dans un espace fini à l’abri de frontières, de certitudes. Je compte sur elle et sur les rêves pour me rectifier lors de mes dérapages.

Je compte également sur vous, lecteurs, pour connaître vos difficultés de compréhension ou vos questionnements. L’accueil de ses propres rêves est un dialogue avec soi-même. L’accueil des rêves des autres est aussi un dialogue avec soi-même car tout en étant unique l’être humain est comme les autres, fait de la même matière. Ce dialogue est une démarche vers la connaissance de soi, la connaissance des autres, la connaissance de la Vie.

Pour commencer je vous conseille vivement de consulter le menu Accueil des rêves dont les articles  sont présentés dans un ordre qui devrait, je l’espère, faciliter une compréhension progressive  des rêves sans connaissance particulière.

Par la suite vous pourrez consulter les articles qui suivent en fonction de votre intérêt personnel.

Présence

Et en chacun de nous sommeille un étranger au visage inconnu.  Il nous entretient par le truchement du rêve et nous fait savoir combien la vision qu’il a de nous est différente de celle dans laquelle nous nous complaisons. (Citation de C.G. Jung, dans L’Homme à la découverte de son âme, Albin Michel, 1987, p90)

Quand j’avais huit ou neuf ans, je rentrais de l’école en bus et sur les quelques centaines de mètres qui me séparaient de la maison, je parlais tout haut avec un interlocuteur imaginaire que j’avais appelé  « Nouveauté « , mot qui me renvoyait aux nouveaux modèles de voiture miniatures que je regardais dans les catalogues. Après l’école, on faisait
ensemble le trajet qui séparait l’arrêt de bus de ma maison et je lui confiais sans doute des choses qui m’avaient blessé ou choqué dans ma journée, toutes choses que je ne pouvais pas dire à ma mère. Sur ce temps court, j’éprouvais une forme de liberté et celle-ci fut très tôt associée à mon besoin profond de pouvoir m’isoler chaque jour un moment,
ce que je ne pouvais pas faire chez mes parents où je sentais ma mère trop présente, trop intrusive, trop « mère ».

J’aimais déjà la solitude par laquelle je m’offrais du temps rien que pour moi, pour mon dialogue intérieur, pour nourrir mon imaginaire et y trouver la consolation nécessaire à une vie de famille souvent déprimante.

« Nouveauté » a disparu avec mes jouets d’enfant, mais depuis ce temps, quand je suis seul, en marchant le plus souvent, je parle, je commente, je réfléchis, je proteste, à haute voix. Je ne crie pas, je ne vocifère pas, c’est un automatisme, j’ai besoin de m’entendre réfléchir ou pester c’est selon.

Je ne peux pas réfléchir sans parler. Si je suis dans un groupe avec lequel je fais une activité, du chant par exemple, et qu’il me vient une idée à développer, je vais attendre de m’isoler un moment pour la formuler dans un échange avec  «l’autre » moi-même.

A la lumière de la citation de Jung, je réalise que j’ai besoin d’un interlocuteur pour réfléchir et organiser ma pensée et de cet interlocuteur, je sens la présence. Je ne peux pas dire que je le connais, mais avec le temps, nos relations évoluent.

Penser et formuler c’est la même chose. Quand je réfléchis, j’imagine un scenario, je m’exprime et j’ai conscience de parler vraiment à quelqu’un, à une sorte de double que j’interpelle. Bien sûr, je n’ai pas de visions, j’ai tout à fait conscience que je me mets à l’écoute de cette autre part de moi-même, de celle qui va donner corps et cohérence à mes propos. Quand je fais ma marche quotidienne, je peux passer une partie de mon temps à discuter avec « l’autre ».

Cet autre avec qui je simule un échange, cette présence, est à la fois mon double et mon adversaire. Il peut me tirer vers l’arrière, vers mon passé avec quoi il ne veut pas me voir rompre ou me pousser vers l’avant. Il ne s’exprime pas en mots mais en actes, par des comportements qui peuvent me nuire ou me stimuler. Il peut alors prendre la forme de l’homme en colère, de l’homme jaloux, de l’homme revendicatif qui va s’exclure malgré lui du groupe parce qu’il a voulu imposer ses règles et se distinguer pour exister, mais aussi de l’homme bon, créatif, ouvert.

Mais cet autre, plus je le connais, plus j’ai de prise sur lui au point d’en accepter la cohabitation. Contre lui, je suis de mieux en mieux armé grâce au travail intérieur, aux rêves, au Yi King, et quand je m’ouvre, je me rends disponible aux échanges et remarques de ma femme et de mes proches., même si ce n’est jamais tout à fait acquis.

Mes propos pourraient donner à penser que c’est avant tout un ennemi que je dois combattre. Disons plutôt un adversaire qui, au fond, me rend service. Si je suis conscient que, au sein d’un groupe, je vais être tenté de laisser «l’adversaire » prendre la parole, revendiquer, vouloir faire le justicier au risque de passer pour un emmerdeur, je m’oblige à me taire et à me rendre aimable. Ainsi, je peux accepter l’échange avec ceux qui cessent d’être des cibles pour mes projections et je peux tenir ma place, être considéré au point d’en être heureux parce que soulagé. Je me sens enfin libre de pouvoir apprécier celle ou celui qu’hier je rejetais, que mon autre intérieur me poussait à rejeter.

Oui c’est une lutte quotidienne dans laquelle je tente de faire de mon autre, un allié. J’essaie de reconnaître le perturbateur redoutable tenant à défendre ses positions, qui résiste en moi et peut se faire un « avocat du diable» positif et qui est aussi une force.

Cet autre me voit tel que je suis sous mes différents aspects et il tient à exister sans que cela aille jusqu’à la rupture. Je suis conduit à composer avec lui avec un peu plus de force et de détermination à chaque fois. Le résultat, c’est la joie éprouvée dans l’ouverture à autrui.

Au fond, je me construis par la présence de cet autre subjectif qui fait le lien avec mon inconscient. Il me poussait et me pousse encore aujourd’hui à rechercher l’objectivité dans mes choix. Je dois prendre en compte ce témoin qui, malgré sa subjectivité, nourrit ma conscience et donne du sens à son action.

Pour paraphraser Rimbaud qui affirmait « Je est un autre » ( Voir lettre d’Arthur Rimbaud à Paul Demuny en date du 15 mai 1871) , j’ajoute que je est « aussi » un autre qui peut nous leurrer, biaiser nos jugements et les soumettre à notre
besoin de projeter, de décider à l’emporte-pièce sous le coup d’une forme de paresse. Et cet autre, qui cohabite sous le même cerveau, qui fait partie de notre psyché, demande à être reconnu et accepté pour ne pas nuire.

Je conclurai par une autre citation de Jung :

 Le souvenir des faits extérieurs de ma vie s’est, pour la plus grande part, estompé dans mon esprit ou a disparu. Mais les rencontres avec l’autre réalité, la collision avec l’inconscient, se sont imprégnées de façon indélébile dans ma mémoire. Il y avait toujours là abondance et richesse. Tout le reste passe à l’arrière-plan. ( C.C Jung, « Ma vie », Gallimard,coll. Témoins, p.23)

François MARIE
29 septembre 2025
framarie50@gmail.com

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Notre besoin de sécurité

Nous avons tous un profond besoin de sécurité. Il est plus ou moins important en fonction de notre tempérament, de notre vécu.

Ce besoin de sécurité semble satisfait par des structures, moyens extérieurs comme les frontières, la propriété, les portes fermées, suffisamment d’argent pour pouvoir se loger, se nourrir, se soigner… Tout cela c’est la protection de notre corps mais aussi de notre plaisir. C’est pouvoir continuer à vivre. Dans ce besoin s’exprime la peur de la mort. Mort du corps mais aussi et surtout mort du moi, du je.

Ce besoin de sécurité semble également satisfait par des systèmes de pensée, d’explication, de règles, des théories ou des croyances comme les religions, les systèmes politiques, philosophiques, scientifiques… mais aussi des appartenances à des groupes de toute sortes : famille, amis, associations, partis, pays, groupes de pays …

Ces différents systèmes sont liés entre eux pour former notre structure. Cette structure telle qu’elle vient d’être définie est une structure qui s’appuie sur l’extérieur. Elle est forcément fragile car extérieure au moi. Il en est dépendant.

Cette sécurité, cette structure du moi, du je, est sans arrêt remise en question par des événements, extérieurs ou intérieurs, qui ne collent pas avec l’échafaudage qui s’est créé en nous.

Perte d’un proche, maladie importante ou accident, évolution d’un groupe, découverte que l’ami, le groupe, est différent de ce que nous avions perçu, rêves…

Face à cet évènement nouveau, le moi a différentes façons de réagir pour sauvegarder sa sécurité, réactions qui sont fonction de son énergie, de la force de l’événement et de la conscience qu’il a de ce qui se joue en lui.

  • Il peut s’adapter si la remise en question n’est pas trop importante pour lui. Dans ce cas sa structure évolue.

  • Il peut refuser consciemment la nouvelle réalité et mettre beaucoup d’énergie pour se défendre et rester tel qu’il est.

  • Il peut la refuser inconsciemment c’est-à-dire ne pas en être conscient, être dans le déni.

  • Il peut être complètement perdu et envahi par des forces inconscientes. Folie, maladie mentale,  mais aussi toute puissance (Inflation)…

  • Il peut être complètement perdu, lâcher prise c’est-à-dire s’abandonner et laisser faire l’autre (l’inconscient) qui agira pour créer une nouvelle structure. Contrairement au cas précédent, ici le moi décide. C’est une décision de non-action qui est une action.

Cette structure fragile est un mirage comme l’est l’amour fou qui s’installe en nous par la projection d’une partie de nous-mêmes sur l’être aimé. Cet amour fou qui nous donne des ailes, qui nous fait ressentir que tout est possible, qui donne confiance dans la vie (cf L’amour est-il impossible?).

Cette structure n’est-elle pas la projection de ce que Jung a appelé le Soi c’est-à-dire la totalité de notre personnalité ?

La projection sur l’autre, ce mirage, cette illusion, est nécessaire pour le rencontrer (amour ou haine). Elle peut permettre, si elle se retire, d’aller vers une rencontre vraiment réelle de l’autre et en même temps de soi. Il faut préciser que cette rencontre réelle ne supprime pas la conflictualité. Le monde de Bisounours auquel nous aspirons souvent n’est pas la réalité, il n’est qu’un fantasme, une projection, qui exprime notre désir du bien tel que nous le voyons, du plaisir et notre refus du mal, du mal-être.

Cette structure, projection, mirage, n’est-elle pas la possibilité d’un premier pas vers cette totalité de nous-même, une structure ressentie intérieurement au-delà des frontières, des règles, des appartenances de toutes sortes, totalité de nous mêmes qui nous relie au monde, comme la projection sur l’autre est un premier pas vers la rencontre réelle de l’autre ? 

Totalité et non pas totalitarisme qui est notre état quand nous mettons toute notre énergie mentale, physique, pour solidifier, défendre notre vision du monde, notre vie, notre structure actuelle face à une réalité nouvelle.

Ce totalitarisme qui prend de plus en plus d’importance dans nos vies en ce moment, que ce soit individuellement ou collectivement. Ce totalitarisme qui va de pair avec la dualité qui nous anime : le bien ou le mal, moi ou l’autre, dieu ou le diable. Celui qui n’est pas d’accord avec moi est diabolisé. Conflit des opposés. Il nous est impossible d’envisager que ces deux extrêmes puissent être les 2 faces d’une même réalité.

Le monde, notre monde, est en pleine mutation. Changements climatiques qui génèrent des catastrophes, des mouvements de populations, des maladies nouvelles…

Changements dans le comportement des humains : vitesse, mal être, manipulations et propagandes amplifiées par l’évolution de la technique, technique qui donne un pouvoir extérieur immense au moi de quelques uns, ce pouvoir mirage les conduit à jouer inconsciemment aux apprentis sorciers…

Pollutions créées par l’homme qui en s’accumulant dans la terre, sur la terre, mettent en péril l’eau, l’air, notre alimentation, notre santé… notre vie. Changements dans les rapports entre les hommes et les femmes, entre les pays. L’homme a toujours eu besoin de posséder, de coloniser l’autre pour se sentir fort, en sécurité. Mais en colonisant l’autre il crée son insécurité car l’autre a besoin de retrouver sa sécurité perdue. La colonisation entre pays a pratiquement disparu mais elle a été remplacée par une colonisation économique qui apparaît de plus en plus au grand jour. L’esclavage a pratiquement disparu mais il a été remplacé par un esclavage économique où les règles, lois décidées, imposées par certains, paupérisent, insécurisent d’autres et même les tuent.

L’homme fait partie du monde, de la nature. En colonisant les autres, leurs biens, leurs terres, la terre, il se colonise lui-même. Il crée un conflit entre lui (le moi) et l’autre lui (l’inconscient) qui apparaît dans ses rêves. Plus il fabrique sa sécurité et plus il la rend fragile. C’est aussi vrai pour un pays ou tout type de groupe.

Ces questions concernant la projection, l’union des opposés (cf La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir?), notre besoin de structure… m’animent depuis longtemps. Mais récemment elles ont pris beaucoup d’importance. Cette insistance s’est exprimée par des lectures, des évènements personnels, collectifs, des rêves. Elle vient de cette mutation profonde dans laquelle nous sommes, de cette adaptation très importante qui nous est demandée et du constat de notre difficulté à accepter de sortir des chemins connus pour aller vers l’inconnu. C’est une situation très difficile mais aussi une possibilité d’aller vers plus de conscience, vers plus de vie, de paix. Pour évoluer profondément, l’homme a besoin d’être complètement perdu, désorienté. S’il comprend cette nécessité sa vie ne sera plus la même , malgré que ses difficultés seront toujours là ou parfois encore plus fortes.

Ma structure s’appuie en partie sur la vision Jungienne

Il y a une dizaine d’années j’avais été enthousiasmé par le documentaire « à ciel ouvert » qui montrait le travail fait auprès d’enfants en grande difficulté psychique dans un Institut Médico Pédagogique. J’avais été impressionné par l’attitude des soignants qui étaient très présents, à l’écoute des enfants et en recherche permanente pour s’adapter à leurs besoins. Il était dit qu’ils étaient Lacaniens. Pour moi, en voyant leur pratique ils auraient pu très bien être Jungiens.

Dans les jours suivants une amie me prêta un petit livret qui avait été fait pour expliquer la ou les théories sur lesquelles s’appuyaient ces soignants dans le cadre de leur travail. Ma désillusion a été très grande. Cela me parut incompréhensible, compliqué, très intellectuel et très loin de la réalité.

Comment comprendre ce grand écart entre la théorie et la pratique ? J’en avais conclu que cette théorie à laquelle les soignants adhéraient, était un cadre sécurisant qui leur permettait d’être en confiance, de lâcher prise en restant ouverts et à l’écoute du présent donc de l’enfant. Cette conclusion aurait été probablement identique pour des soignants imprégnés par la vision Jungienne. D’ailleurs il me semble que Jung était très conscient de cela quand il disait qu’il n’était pas jungien. Je me souviens également qu’il avait dit (ou écrit?) qu’un jour tout ce qu’il avait écrit serait remis en question et que c’était normal.

Récemment j’ai eu une expérience qui m’a rappelé cette histoire concernant le documentaire mais dans un tout autre contexte. C’était une conférence faite par un moine sur la vie et la mort des moines de Tibhirine. Le conférencier avait bien connu plusieurs de ces moines ainsi que l’Algérie où il avait vécu. Conférence très vivante montrant que le conférencier était très impliqué dans l’histoire de ces moines : beaucoup de faits concrets mais aussi beaucoup d’émotions. Il a insisté sur deux points qui m’ont étonné de la part d’un moine. Le fait que les moines de Tibhirine aient décidé de rester en Algérie après l’indépendance pour être seulement proches des habitants de ce pays, en accord avec le gouvernement Algérien et avec un esprit différent puisqu’ils n’étaient plus des colonisateurs. Le fait également qu’ils aient décidé de rester en Algérie au moment où ils savaient que leur vie était en danger, pour rester fidèles à tous les algériens qu’ils fréquentaient sans arrière pensée d’évangélisation, car c’était seulement juste pour eux.

En détaillant le vécu des moines de Tibhirine, le conférencier avait en permanence une analyse, des explications, à partir de ses croyances chrétiennes. Ayant été élevé dans cet environnement je comprenais mais ne pouvais adhérer. Je me sentais extérieur à son monde. De mon côté j’avais une analyse qui s’appuyait sur mon vécu imprégné des concepts jungiens mais, étonnamment, j’avais la très forte impression que nous aboutissions aux mêmes résultats. Seuls nos chemins étaient différents. Ceci m’a rappelé le souvenir du documentaire « à ciel ouvert ».

Les rêves de désorientation sont très nombreux.

Voici quelques rêves parmi ceux qui m’ont guidé vers les réflexions précédentes.

 

Rêve – Changer de lunettes

C’est la rentrée scolaire. Le rêveur, qui est enseignant, attend ses élèves dans sa classe. Ses lunettes sont tombées, le verre gauche est cassé. Il entend une voix dans le couloir qui lui dit qu’il doit changer de lunettes.

Changer de lunettes c’est changer le regard qu’il a sur la vie, les autres, lui-même.  Le côté gauche correspond à l’inconscient. Peut-être est-ce pour préciser que c’est surtout son regard concernant l’inconscient qui est à modifier. Pourquoi faudrait-il qu’il change de lunette? Il suffirait qu’il remplace le verre qui est cassé. Le rêve insiste beaucoup : Il y a la voix plus le verre cassé.

Ici la désorientation s’exprime par les lunettes cassées. L’adaptation serait d’écouter la voix. Écouter la voix c’est s’imprégner du rêve, c’est  accepter que la solution viendra de l’inconnu mais qu’elle a besoin de notre accord, de notre énergie, de notre engagement pour passer dans le concret, pour s’exprimer à l’extérieur.

Rêve – Le miroir

La rêveuse se cache. Elle a peur d’être retrouvée. Elle aperçoit devant elle un mur et au pied de ce mur une jeune femme toute recroquevillée. Elle a peur d’être retrouvée. Elle a un visage rose parsemé de points noirs. Ces points semblent former des dessins. Elle dit à la rêveuse : « Je ne suis pas moi »

En décrivant son rêve la rêveuse dit qu’elle a ressenti qu’elle était cette jeune femme. Toutes les deux,  elles ont probablement peur d’être retrouvées par l’autre. Elles semblent avoir peur de découvrir  que chacune d’elles n’est pas celle qu’elle croit. La rêveuse croit être son moi alors que sa personnalité est beaucoup plus vaste. Elle est aussi son inconscient représenté par la jeune femme. Son inconscient, cette jeune femme, également,  ne se rendait pas compte qu’une partie d’elle est le moi de la rêveuse qui se situe dans le monde conscient. Elles voulaient fuir cette prise de conscience qui est pour les deux une très grande désorientation mais elles étaient au pied du mur. La rencontre entre les deux a eu lieu.

Rêve – Le petit train de la Défense

Dans le quartier de la Défense à Paris, un petit train passe parmi les immeubles. C’est un petit train comme dans une fête foraine. Son circuit serpente entre les grandes tours. Je suis dans ce train, il y a des virages, cela tourne, mon corps se laisse aller comme dans une spirale. C’est hyper agréable.

Pour la rêveuse, le quartier de la Défense avec ses tours immenses et sa bétonisation à outrance représente l’évolution actuelle de la société où la nature est détruite. Cette nature représente la nature de la rêveuse qui est niée dans son environnement quotidien en particulier dans son travail. Il y a une opposition très nette entre ses aspirations  profondes et la vie qu’on lui fait vivre. Dans le rêve elle est dans le quartier de la Défense pour se défendre mais cette défense n’est pas une fuite vers un monde de Bisounours, vers un opposé. Elle reste dans le monde tout en défendant au mieux ce qu’elle est, en ayant une attitude d’adaptation qui est représentée par ce petit train qui se faufile tel un serpent dans un milieu qu’il n’a pas souhaité. Le serpent représente en nous cette partie très ancienne qui peut être encore à l’œuvre quand cela est nécessaire et quand le moi lui laisse de la place (cf le cerveau reptilien).  Ce petit train de fête foraine évoque le jeu des enfants. Dans ce train, la rêveuse est comme une enfant qui se laisse bercer par la vie en elle bien que l’environnement soit très difficile. « C’est hyper agréable ». Il faut signaler que les phrases qui précèdent tout en étant une analyse du rêve font aussi référence à  ce que vit la rêveuse dans sa vie extérieure, concrète.
Souvent, intégrer la désorientation c’est  relier des opposés c’est-à-dire modifier notre vision, notre structure en intégrant ce qui nous paraît opposé. Une possibilité d’aller vers plus de conscience, vers plus de vie, de paix.

Rêve – Le linge sale devient un magnifique gâteau

La rêveuse était dans une maison avec dépendances en pleine nature dans laquelle une association organisait un stage (Pour comprendre ce rêve il faut savoir que cette association existe dans la réalité extérieure et que la rêveuse y est très impliquée). Les fondateurs de l’association organisaient l’arrivée des voitures. La rêveuse était  observatrice. Elle était dans une dépendance, une sorte de buanderie. Elle a réuni beaucoup de linge sale en faisant un tas. Elle a versé dessus une pâte épaisse, une sorte de  produit liquide huileux de couleur verte  à base d’herbes comme un pesto, pour en faire une boule. Elle a malaxé ce tas de linge en insistant beaucoup. Au bout d’un temps assez long, il s’est transformé en un magnifique gâteau.

Ce rêve semble montrer l’évolution de la relation de la rêveuse avec cette association. Quand elle l’a découverte elle a été très heureuse d’en faire partie. Elle s’est beaucoup engagée dans ses activités. Elle admirait l’attitude des fondateurs sans aucune réserve. Peu à peu des réserves sont apparues en elle. Elle reste très engagée mais elle n’a aucune idée de ce qu’elle fera dans le futur. Partira-t-elle pour créer une autre association du même style mais avec une organisation différente qui lui correspondrait mieux, ou continuera-t-elle dans cette association en essayant de modifier un certain nombre de choses dans la mesure où cela sera accepté ou…?   Elle se sent dans une période floue, transitoire et se met à l’écoute de ce qui viendra.

Dans ce rêve elle reste très engagée dans la mesure où elle vient participer au stage et qu’elle est arrivée avant les autres mais, elle est observatrice. Elle n’est pas dans ou devant  la maison mais dans une dépendance c’est-à-dire à côté.  Elle semble laver son linge sale mais si c’était un simple lavage ce serait avec de l’eau. Cela ressemble beaucoup plus à une opération alchimique de transformation, la transformation de ses attitudes passées en une boule  symbole du Soi qui représente la totalité de sa personnalité (y compris l’inconscient). Cette boule qui devient « un magnifique gâteau », autre symbole du Soi, qui pourra être partagé par tous les participants. Ce  produit  de couleur verte  à base d’herbes   évoque la renaissance du printemps. C’est aussi un liquide huileux.  Cette huile pourrait évoquer le baptême,  la rêveuse étant d’origine chrétienne.  Ce baptême est interprété par les chrétiens comme un ensevelissement  et une résurrection ce qui nous ramène à la transformation (transmutation) chère aux Alchimistes.

Au début de sa rencontre avec ce collectif elle a projeté sur lui une vision très personnelle de ce qu’elle était ou désirait sans être consciente de ce que véhiculait ce collectif. Peu à peu une conscience est apparue qui correspond à la projection qui se retire.  Elle se sent plus elle-même, plus consciente de la réalité de l’association et sera capable, si c’est possible, d’être elle même tout en étant toujours très impliquée dans l’association car celle-ci est un moyen, malgré toutes ses réserves, d’aller , de s’impliquer, dans une direction qui correspond à ses besoins profonds .

Les groupes, les collectifs, les institutions, sont nécessaires à l’expression de la vie mais ils ont une tendance à développer toute une inconscience qui  nous sécurise et qui en même temps  peut nous enfermer, nous couper des autres (ceux qui ne sont pas dans le groupe) et de nous-mêmes  sans que nous en soyons conscients.

Rêve – La nuit un monde qui me guide

C’est la nuit. Je me rends à la gare et  prends le train pour aller dans une ville que je ne connais pas. Lorsque j’arrive c’est encore la nuit. Je n’ai aucun moyen pour me repérer mais cela ne me dérange pas.

Avant d’aller à l’hôtel que j’ai réservé, je dois aller chez une dame qui m’a invitée pour un goûter.  Je ne connais pas l’endroit où elle habite mais je n’ai pas de problème pour prendre le bon train, c’est comme si j’étais guidée. A une station je sais que c’est là. Je descends et me rends chez la dame. Je trouve son immeuble sans problème pourtant je n’ai pas de plan. J’ai sur moi l’adresse de l’immeuble et le numéro de l’appartement. J’arrive chez cette personne. Elle est très chaleureuse, très accueillante, le goûter est vraiment très soigné. Elle fait également chambre d’hôte. J’aperçois la chambre qui me paraît très confortable et le prix est pas cher. Puis je  lui dis  que je dois partir.

Dehors il fait toujours noir. J’avance dans la rue. J’ai une sensation étrange, je ne connais pas l’endroit mais je retrouve la gare. Arrivée sur le quai je me rends compte que je n’ai pas de ticket pour le retour. Il fait très noir. J’avance, je sens que c’est la bonne direction. A un moment j’aperçois une petite lumière. C’est l’endroit où l’on vend les billets. Avec mon billet je redescends sur le quai mais il y en a plusieurs. Là encore je sais sur lequel je dois aller… J’arrive dans la ville, c’est encore la nuit. Je trouve mon hôtel sans problème.

Que dit la rêveuse?

En me réveillant, j’ai cette image de noir très forte.  J’ai le sentiment que je pourrais être perdue mais dans ce contexte la nuit est un vrai guide, je me repère, j’avance. Je n’ai pas les outils dont on se sert habituellement : plan d’une ville, carte, GPS…Ce noir ouvre un espace incroyable que je ne connais pas mais dans lequel, étonnamment, je m’y retrouve. Je n’ai pas vu le jour mais dans ce noir il y a de petites lueurs, parfois une lumière plus importante comme un lampadaire. Et à nouveau le noir. Je pourrais être submergée mais non, j’avance, je vais là où je dois aller. Je fais une chose après l’autre, de petites choses mais qui permettent de continuer ce que j’ai à faire. 

Le noir représente ce que nous ne connaissons pas, l’inconscient. En général ce noir nous fait peur. Nous ne savons pas ce qu’il cache, ce que nous pouvons découvrir. Nous avons tendance à imaginer toutes les catastrophes qui pourraient nous arriver.  Dans ce rêve, non seulement la rêveuse n’est pas submergée mais elle ne fait rien pour ne pas l’être. Elle n’a rien préparé, ou si peu, pour que son voyage dans l’inconnu se passe bien. Une personne « raisonnable » dirait qu’elle est complètement inconsciente, farfelue. Nous ne savons même pas l’objectif de son voyage. 

Et pourtant, dans cette inconscience totale elle est guidée. Elle est guidée parce qu’elle s’est mise dans une attitude d’ouverture, de confiance. Dans l’inconscient, contrairement à ce que nous croyons souvent, il n’y a pas que des forces maléfiques, il y a aussi des forces qui cherchent à nous aider, une sagesse qui cherche à nous guider sur notre chemin personnel. La rêveuse ne cherche pas la lumière du soleil, cette lumière du conscient rationnel qui peut être très éblouissante, contrairement à Icare qui dans la mythologie grecque meurt d’une chute dans la mer (l’inconscient) car il a voulu voler trop près du soleil. Comme elle accepte le noir, elle accepte de ne pas savoir (humilité), elle trouve des lumières beaucoup plus douces « petites lueurs, parfois une lumière plus importante comme un lampadaire »  qui vont la guider sans risque de la mettre en danger.

Cette rêveuse a toujours été proche de l’inconscient.  Quand elle a des difficultés dans sa vie de tous les jours elle sait (Je devrais plutôt dire « elle sent »)  se rapprocher de l’inconscient pour être aidée. Mais en contrepartie elle a toujours eu des difficultés à s’adapter au monde extérieur, aux tâches matérielles principalement à la technique. Le risque pour elle aurait pu être de s’éloigner du monde terrestre en fuyant vers le ciel.  Or cette proximité avec l’inconscient  l’aide paradoxalement à se rapprocher de la  terre. Depuis pas mal de temps elle a régulièrement des rêves qui l’enracinent dans le concret.  Dans un de ses derniers rêves elle réussissait brillamment un examen d’entrée dans une école d’ingénieur.

Récemment en parlant de son rêve sur le noir elle disait :   » Notre monde déboussolé cela m’aide, cela me centre. C’est vivant »

On dirait que sa sécurité, sa structure, elle la construit peu à peu grâce à la désorientation qui l’entoure.

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L’attente…

L’ attente…

Voyons ce qu’en disent des rêves.

Rêve – C’est le bonheur

La rêveuse est dans un lieu de soins. Elle doit attendre. Plus tard elle demande à l’infirmière si elle doit attendre encore longtemps. Celle-ci lui dit  oui. Elle doit attendre toute la matinée.

Elle est avec Pierre. Tous les deux sont l’un contre l’autre, allongés sur l’herbe. Elle a la tête sur son ventre. C’est le bonheur.

La rêveuse est dans un lieu de soin. Le rêve nous montre ce qui se passe en elle. Ce soin, ce peut-être créer de l’harmonie en elle, aider à la résolution de conflits… Il y a probablement un lien avec son travail sur les rêves. Elle doit attendre, attendre encore longtemps. Cette attente fait penser à l’attitude d’une femme enceinte. Pour être enceinte elle a dû agir puis accepter de laisser le processus naturel se faire en elle. C’est aussi l’attitude du jardinier qui , après avoir fait ses semis, attend en regardant la nature faire son travail.  Être à l’écoute, regarder, ressentir, sans agir directement. L’écoute, la présence est une action. Nous avons de plus en plus de mal à être dans cette écoute, dans cette présence. Nous avons besoin d’action directe, de méthode pour obtenir ce que nous désirons, pour aller vers nos objectifs. Cette attitude, nous pouvons l’appeler une attitude masculine. Ces actions directes, ces méthodes sont nécessaires parfois, souvent, mais pas toujours. L’attente est nécessaire parfois, souvent, mais pas toujours.

Visiblement la rêveuse commence à s’impatienter. L’attente lui paraît trop longue. L’infirmière représente une partie féminine en elle qui est compétente dans le domaine du soin. Elle lui demande d’attendre encore.

L’écoute des rêves permet de laisser les processus naturels se développer dans l’inconscient. Un jour, quand le bébé sera né, il faudra aussi agir directement. Mais pas pour l’instant.

La deuxième partie du rêve nous donne plus d’indications sur ce bébé, cette plante, qui est en train de se former. Elle nous montre l’objectif de la rêveuse. C’est la recherche du bonheur. Le bonheur c’est le besoin de se ressentir en paix, unifié. C’est cet état que beaucoup de femmes peuvent ressentir quand elles sont enceintes. Cette paix se ressent quand les conflits entre des attitudes, attirances opposées, contraires, semblent s’apaiser, disparaître, quand nous nous ressentons unis. Ce bonheur, cette paix c’est aussi l’amour. L’amour qui s’exprime ici dans la relation entre la rêveuse et  Pierre. Dans l’amour les forces opposées, qui se combattent souvent, sont perçues comme complémentaires ( Voir La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir? ).

Dans la réalité extérieure la rêveuse a une relation avec  Pierre qui apparaît dans le rêve. Une relation difficile dans laquelle les moments de paix peuvent exister mais les déceptions sont très nombreuses. Elle est en permanence obsédée par le besoin de vivre une relation de couple qui soit harmonieuse. Cette obsession est présente chez tous les humains à des degrés divers, avec plus ou moins de conscience.  Cette obsession exprime le besoin naturel d’unir en nous les opposés dont les plus évidents sont féminin-masculin, inconscient-conscient. Intérieurement l’humain possède comme deux jambes qui doivent fonctionner en complémentarité pour qu’il puisse avancer dans la vie.

Que lui dit ce rêve? Pour atteindre cette harmonie, qui est montrée dans la deuxième partie, il lui faut être à l’écoute de cette partie féminine en elle qui est représentée par l’infirmière. Cette infirmière  qui lui dit qu’elle doit attendre et attendre beaucoup plus qu’elle ne pensait. Cette attente est très difficile pour elle car dans la réalité extérieure elle peut décider d’attendre tout en étant prise par cet objectif du résultat qui serait la rencontre avec l’âme sœur. Cela n’est pas vraiment attendre. Attendre véritablement c’est être présent à la vie que l’ont vit tout en étant détaché de ce qui pourra advenir dans le futur. 

Une question se pose à la rêveuse. Dans le rêve, Pierre avec lequel elle est en harmonie est-il le Pierre qu’elle connaît dans sa vie extérieure ou représente t-il l’image de sa partie masculine qui est inconsciente (La Projection dans la rencontre avec les autres humains) ?  Il représente les deux en même temps. L’expérience des rêves nous montre que très souvent l’évènement, l’évolution, se fait à l’intérieur avant de s’exprimer à l’extérieur. C’est ce qui est visible dans les rêves prémonitoires. Ici le rêve semble dire à la rêveuse :  » Arrête de vouloir régler tes problèmes avec Pierre à l’extérieur ou d’envisager de trouver une autre personne. Attend, laisse faire le processus qui ne dépend pas de toi, de ton moi. »

Rêve – J’ai trouvé un médecin

J’ai rendez-vous chez le médecin. Je suis contente d’en avoir trouvé un qui me convienne. D’autres personnes attendent déjà. Le médecin ouvre la porte de son bureau pour faire entrer un client. Elle ressemble beaucoup à l’actrice Catherine Jacob. Elle a l’air bougon mais a également un côté accueillant. Je suis arrivée le matin car je ne voulais absolument pas rater cette première visite. Il est maintenant pas loin de 15h30. Mon rendez-vous est normalement à 16h. Je décide d’aller voir ma mère qui n’habite pas loin. Je reviens à 16h10. La porte du bureau du médecin est entre-ouverte. Elle m’aperçoit et vient sur le pas de la porte. Je lui dis que je me suis absentée juste un petit moment. Je vois que quelqu’un est assis à l’intérieur. Je demande de pouvoir passer après la personne. Le médecin dit que c’est trop tard car c’est la dernière personne qu’elle prends. Je lui explique que je suis allée voir ma mère qui habite juste à côté. Elle reste sur sa position. J’insiste. Elle semble sensible au fait que je me soit absentée pour aller voir ma mère.  Elle me dit : « Ok pour un rendez-vous mais demain matin 9h. Vous serez la première, il n’y aura pas d’attente. J’accepte la proposition.

Comme dans le rêve précédent, nous retrouvons  la recherche du soin. Celui-ci  sera possible si la rêveuse (son moi)  est capable d’entrer en contact avec son ombre inconsciente représentée par un spécialiste du soin : le médecin. Ici encore c’est une femme. C’est une attitude féminine qui peut l’aider. Ici encore elle doit attendre.

Bien évidemment cette recherche renvoie à la réalité  extérieure. Cette rêveuse, comme beaucoup de monde aujourd’hui, a beaucoup de mal à trouver un médecin d’autant plus qu’elle cherche un médecin qui lui convienne. Elle ne trouve que des remplaçants qui sont de passage ou des médecins formatés qui ne sont pas à l’écoute. Les autres ne prennent plus de nouveaux clients ou sont partis à la retraite. Elle a compris qu’elle doit attendre. La fonction du rêve pourrait être d’insister pour la rassurer dans sa nouvelle attitude.  

Mais il parle également de la recherche d’un médecin intérieur. Ce médecin intérieur est présenté par l’inconscient avec les traits de l’actrice Catherine Jacob. Quand la rêveuse est invitée à décrire cette actrice elle dit qu’elle est indépendante, qu’elle a une ligne de conduite. Elle est très humaine, très aimable avec un côté bougon, fantasque, imprévisible qui peut surprendre. Je dirais que ce côté bougon, fantasque est une ouverture à l’inconscient. La rêveuse reconnaît qu’elle lui ressemble énormément.  Visiblement elle est très attirée par cette ombre en elle, elle ne veut pas rater son rendez-vous.  Mais ce n’est pas facile car il faut attendre longtemps. Dans un premier temps elle l’a raté à cause de son désir d’aller voir sa mère. Elle devra encore attendre jusqu’au lendemain.

Pourquoi est-elle allée voir sa mère?  Elle  dit que sa mère a aussi  beaucoup de traits de caractère de Catherine Jacob et d’elle même avec une différence importante. Elle n’est pas fantasque, imprévisible. On comprends donc que la rêveuse est encore attachée à sa mère comme un exemple pour son propre comportement ce qui l’empêche d’aller vers ce qu’elle est profondément.  L’attachement à cet exemple est en train  de s’évanouir car il ne fait qu’augmenter le temps d’attente pour cette rencontre qui se fera le lendemain. D’ailleurs la rêveuse  parle de sa mère dans ce rêve comme d’une femme âgée qui lâchait prise, qui avait perdu son côté tranchant, qui allait mourir. L’attente a été nécessaire pour que la rêveuse se libère d’un passé qui l’empêchait d’être elle-même. Laisser faire le temps était nécessaire. L’ombre Catherine Jacob est une sorte de double inconscient de la rêveuse.

Rêve – Le chemin de l’individuation

Je prends le bus pour aller à Saint Jacques de la lande pour assister à l’assemblée générale de l’association. En cours de route je n’ai plus envie d’y aller. Je descends dans le centre. Là sur une grande place j’aperçois des policiers qui maltraitent  très durement de jeunes adolescents. Il est question de petits bouts de cannabis. Je veux revenir chez moi à pied mais ne connais pas les chemins de randonnée qu’il faudrait prendre. Je m’adresse à un groupe de retraités. Ils ne connaissent pas ou disent qu’il n’y en a pas. Je cherche sur mon GPS. Je n’en trouve pas. Pour continuer mon chemin je décide d’acheter du pain dans une boulangerie. Je ne trouve qu’un magasin qui fait café, épicerie, dépôt de pain… Il y a beaucoup de paysans. Une fois à l’intérieur je ne vois pas où m’adresser. Je décide d’attendre. Puis je m’adresse à un homme qui me répond dans une langue que je ne connais pas. Une femme me propose de traduire ce que dit le paysan. Elle me dit de ne pas m’inquiéter, que je pourrai avoir du pain mais que je dois attendre.

Ce chemin, que prends la rêveuse, semble chaotique  et ne mener nulle part. Il montre ce que Jung a appelé le processus d’Individuation . Ce n’est pas la route toute droite qu’emprunte l’intellect quand le moi a décidé d’aller vers un objectif. C’est un chemin intérieur qui se découvre peu à peu quand le moi accepte de se laisser guider par la vie, l’inconscient. Un chemin intérieur qui a une résonance avec la vie extérieure. Il passe par beaucoup d’intérêts, d’attirances de la rêveuse qui peuvent être opposés comme si le but était de trouver, de créer une unité dans cette personnalité qui se construit en devenant consciente.

Saint Jacques de la lande est une ville de l’ Ille et vilaine. Elle évoque le chemin de Saint Jacques de Compostelle que prend le pèlerin pour se transformer. Au début de ce périple la rêveuse prend un bus, un moyen collectif de déplacement mais par la suite elle en descend pour aller vers le centre (le centre en elle). Ce centre représenté par une grande place lui montre une face d’elle même qui ne l’intéresse pas trop puisqu’elle veut revenir chez elle. Revenir chez elle est-ce  revenir à son point de départ? Chez elle ? Elle croit connaître, elle croit se connaître. Mais le chemin sera long et tortueux pour aller vers elle même. Elle devra y aller à pied c’est-à-dire sans technique, sans méthode, en tâtonnant , à l’écoute de ce qui se présentera, dans l’attente souvent (cf  « Il n’y a qu’un seul chemin et c’est votre chemin » C.G. Jung dans « Le livre rouge »).  Visiblement elle avait une belle idée naïve de ce qu’elle allait trouver. Elle pensait trouver rapidement cette plénitude, ce « bonheur » que nous cherchons souvent en fuyant la réalité. Notre chemin vers ce que nous sommes profondément, c’est aussi, souvent, de rencontrer ce qui, en nous, ne nous plait pas. Au début de son périple elle trouve ces  » policiers qui maltraitent  très durement de jeunes adolescents. Il est question de petits bouts de cannabis ».  Symboliquement, les policiers représentent l’action conforme à la loi de la collectivité, à la justice .  Mais cette loi, si on l’applique d’une façon trop extrême,  trop masculine, sans compréhension féminine, on va détruire la vie, la vie inconsciente qui est une nourriture représentée par ces adolescents et leurs petits bouts de cannabis. La loi est juste pour la collectivité, le collectif  mais pas toujours pour l’individu.

Le rêve se termine par la rencontre avec les paysans qui représentent le lien avec la terre, la nature, des paysans qu’elle a encore beaucoup de mal à comprendre.  Mais elle est aidée par cette traductrice en elle qui lui dit qu’elle ne doit pas s’inquiéter et doit encore attendre pour obtenir cette nourriture de base représentée par le pain.

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Mourir à soi-même – Mourir pour renaître

Les rêves qui vont suivre sont arrivés récemment chez des personnes différentes. Ils peuvent être réunis par une phrase qui apparaît dans l’un d’eux. « Mourir à soi- même ».

Que peut signifier cette expression? Mourir, nous connaissons :  c’est la mort du corps. En même temps on peut supposer que c’est la mort de la conscience, du moi conscient, du je. On n’en sait rien. En général on aimerait bien que ce moi ou une partie de ce moi continue à vivre car sa disparition nous fait peur. Ce serait la disparition de tout ce qui nous rassure, ce serait le néant, le chaos, le trou noir… Qu’en disent les rêves?  A ce sujet lire l’article La mort dans les rêves .

Dans  « Mourir à soi-même »  il n’y a pas la mort du corps, il y a seulement la mort du moi.  Ce mourir à soi-même c’est un peu ce qui se réalise tous les soirs quand on s’endort. Le moi perd peu à peu de l’énergie pour disparaître. Le lendemain matin il réapparait mais pas complètement identique à la veille. C’est  une renaissance car nous savons que le sommeil est réparateur. L’énergie est revenue, la fatigue de la veille a disparu, des conflits ont pu être résolus, des problèmes ont pu trouver une solution. Bien entendu ce n’est pas toujours aussi idéal. Quand la fatigue, les conflits sont importants le moi a du mal à lâcher prise et le sommeil est moins (ou plus) réparateur ou on n’arrive pas à dormir. C’est ce qui semble être de plus en plus le cas dans nos sociétés où le moi se croit tout puissant, il essaye de tout régler et ne sait plus s’abandonner pour laisser la place à plus grand que lui, à l’autre qui est aussi lui, cet autre que le moi ne sait pas maitriser car il lui est inconscient. Cet autre plus grand c’est notre personnalité toute entière avec nos capacités mais aussi nos faiblesses  qui a été nommé le Soi par C.G. Jung, que d’autres appellent le Graal, la Pierre philosophale, le Tao, la Déesse, Le Dieu, …

 

Rêve – Le gros cobra

Dans une sorte de hangar un gros cobra est arrivé. Il s’est enfilé dans un tuyau d’arrosage. On voyait un gros renflement à un endroit qui devait correspondre à sa tête. Je me dis que nous étions protégés car il était coincé là.

Plus tard des gens ont vu que du tuyau sortait une sorte de liquide visqueux blanc. Dans ce liquide je vis comme un minuscule futur poisson. En fait je compris que le cobra avait pondu des œufs. Il y en avait partout. Tout était blanc. Quelqu’un a voulu chercher une solution pour se débarrasser de ce liquide. Mais c’était trop énorme pour que nous puissions y arriver seuls. Nous allions bientôt être envahis par une multitude de cobras.

Je décidais de téléphoner à la mairie pour qu’elle intervienne.

Le cobra est un serpent. Le serpent est cet animal à sang froid qui correspond à nos origines, à notre instinct. Il représente souvent tout ce qui est inconscient en nous. Il apparaît parfois dans les rêves de personnes qui commencent un travail à partir des rêves. En général il fait très peur. Par exemple : dans une pièce où se trouve la rêveuse des serpents se faufilent sur le sol. Apeurée, elle se précipite sur la table pour se protéger. Autre exemple :  une rêveuse est en train de relever une bouche d’égout. Des serpents commencent à vouloir sortir. Affolée elle referme vite la bouche d’égout.

Le cobra est un serpent très dangereux. Il évoque l’Inde où les serpents ont toujours fait l’objet d’une grande vénération. Ils représentent un très grand danger et en même temps des Dieux de la terre, du monde souterrain. Le rêveur pratique le yoga. Dans le yoga la Kundalini est une énergie vitale endormie, enroulée au bas de la colonne vertébrale. Quand elle s’éveille pour remonter le long de la colonne vertébrale sous la forme de deux serpents, elle conduit à la réalisation du Soi ou de l’éveil. Mais si l’adepte n’est pas préparé, fortifié à la réception de cette énergie puissante, elle peut créer de gros dégâts dans son corps et/ou dans son psychisme. C’est la source, l’énergie vitale qui génère la vie mais  aussi la mort comme peut l’être l’inconscient ou le symbole de la mer. Cette mer qui est à l’origine de la vie et de sa perpétuation  mais aussi celle qui submerge et noie ses enfants. Les symboles de la mer et du serpent expriment bien ce que représente pour nous l’inconscient.

Dans ce rêve le cobra s’est enfilé dans un tuyau d’arrosage. Dans le tuyau d’arrosage l’eau (l’inconscient) est canalisée. Elle est indispensable pour arroser les plantes pour aider à la vie. Elle n’est pas dangereuse comme peut l’être parfois la mer. Le rêveur se sent protégé. Cette protection, il semble que ce soit l’inconscient qui l’aie décidée car c’est le cobra lui-même qui s’est enfilé dans le tuyau d’arrosage. Cela correspond à ce que l’on peut remarquer dans les rêves en général. Ils tentent d’amener à la conscience des éléments qui ne sont pas loin de cette conscience. Il y a vraiment une pédagogie des rêves. En utilisant la vision indienne on pourrait dire que les rêves ne réveillent pas la Kundalini tant que le rêveur n’est pas prêt à la supporter.

Le rêveur dont il est question ici travaille sur ses rêves depuis pas mal de temps. Il semble que l’inconscient ait décidé maintenant de le bousculer par l’arrivée de cette multitude de cobras.  Peut-être est-ce pour lui montrer qu’il n’est pas tout puissant, qu’il ne peut pas tout régler. C’est ce qu’il semble comprendre puisqu’il s’adresse à plus grand que lui, à la mairie.  La mairie, symboliquement,  représente l’intérêt général de toutes les personnes habitant sur le territoire de la commune. Elle représente l’intérêt général de toute la personnalité du rêveur et non seulement du moi. Ici c’est un symbole du Soi.

Cette arrivée d’une multitude de cobras peut être considérée également comme la décision par  l’inconscient de permettre au moi de mourir afin qu’il puisse se régénérer et laisser s’exprimer la créativité, le neuf. C’est ce que nous constatons régulièrement dans les rêves et dans la vie des rêveurs pour lesquels  des évènements difficiles et douloureux préparent des changements importants.

Voici le rêve qui a suivit dans la même nuit.

Rêve – La lutte contre le fascisme

Une sorte de colloque, une rencontre entre des Français et des Italiens. Les Italiens sont très sympathiques. Nous parlons de guerres. Ils nous parlent de comment ils ont lutté contre le fascisme et que chaque fois ils étaient tués. L’un d’eux avec qui je parlais me dit : Et vous, que ferez vous quand cela arrivera ?

Pour comprendre les rêves et pour comprendre les mouvements du psychisme, il est souvent très utile de ne pas isoler les rêves, de pouvoir les rattacher à d’autres de la même période. C’est d’autant plus vrai pour des rêves qui ont eu lieu dans la même nuit.

Dans celui-ci il est question de guerres, de morts et de lutte contre le fascisme par des Italiens qui sont très sympathiques. Pour les français, les Italiens évoquent souvent la joie, la gaieté, l’amour… bien que dans leur histoire ils aient eu des vies très difficiles (pauvreté qui s’est traduite par une émigration importante, le fascisme…). Le fascisme représente une période très noire qui a tué beaucoup de gens et qu’il faut combattre à tout prix. C’est le diable, la mort. Mais n’oublions pas que ce combat est réalisé par des Italiens sympathiques qui représentent la vie dans toute sa beauté.

Pourquoi cette phrase :  » Et vous, que ferez vous quand cela arrivera ? « . L’interprétation d’un rêve comme sur ce site est faite avec des mots, des concepts… Il est très facile pour le moi d’en rester à un niveau intellectuel, de se gargariser de mots, de belles phrases, et de ne pas s’engager, s’engager réellement dans un processus de transformation.

Par rapport au rêve précédent le fascisme représente cette arrivée d’une multitude de petits cobras qui vont se développer, envahir toute la personnalité et détruire le moi rationnel. Contrairement au rêve précédent ici il est question pour le moi de se battre avec toute son énergie contre cette force irrationnelle représentée par le fascisme bien que l’issue soit sa mort.

Pourquoi cette contradiction entre les deux rêves ? Ce n’est pas une contradiction mais un complément.  Dans les moments très difficiles le moi doit accepter sa faiblesse et s’adresser à plus grand que lui mais cela ne doit pas s’accompagner d’une démission de sa part. Parallèlement il doit s’engager et se battre même si l’issue lui semble perdue d’avance. Il y a une apparente contradiction si nous sommes uniquement sur le plan conscient, rationnel.

 

Rêve – Mort de mon amie.

Mon amie est morte… C’est très difficile à accepter. Je ne peux pas… C’est pour moi un anéantissement… J’ai très peur.

Je compris qu’il me fallait mourir à moi-même. Cela m’a soulagée. Sa mort n’avait plus d’importance.

Cette compréhension m’a permis d’accepter cette mort qui devenait la Vie.

La rêveuse dit : « En me réveillant j’ai eu la vision de mon amie morte mais j’étais bien. Je n’étais pas du tout affectée. La phrase « mourir à moi-même » avait recréé la vie. »

Que représente cette amie qui existe réellement dans la vie extérieure de la rêveuse?  Elle la décrit comme une jeune femme très volontaire qui veut toujours bien faire, qui est en permanence dans la recherche de la perfection. 

Quand le moi est à la recherche de la perfection il cherche à tout maitriser pour donner une bonne image à l’extérieur et à lui-même. Il refuse de voir la réalité, celui qu’il est vraiment et qu’il cherche à refouler dans l’inconscient. En faisant cela il crée un conflit entre ce qu’il est et ce qu’il voudrait être.

Quand on demande à la rêveuse si elle est perfectionniste elle répond non, qu’elle ne l’a jamais été. Et c’est bien l’image qu’elle semble donner à ses proches. Mais si on insiste en lui disant que le rêve semble dire le contraire elle réfléchit et réponds :  » oui depuis toute petite j’essaye de bien faire, d’être perfectionniste mais je n’y arrive pas. Cela ne m’empêche pas d’essayer quand même. »

Ce rêve lui montre qu’elle est en train de se débarrasser du conflit en elle, qu’elle est en train d’accepter ce qu’elle croit être une faiblesse qui est son incapacité à bien faire dans certaines situations. Ceci ne veut pas dire qu’elle arrêtera de faire des efforts mais cela ne se fera pas toujours et dans ces cas en toute conscience, en restant elle même.  Car ce « bien faire » est ce qui est considéré comme normal par son environnement, la société, ce qui ne veut pas dire que c’est normal. Si elle décidait de ne plus jamais faire d’effort dans ce sens elle se couperait des autres, elle s’isolerait du monde, elle s’enfermerait dans la certitude d’avoir raison. Or l’être humain a besoin des autres pour vivre, ces autres qui apparaissent dans ses rêves comme des parties de lui.

Cette mort en elle lui a apportée la vie.

 

Rêve – La fin du monde approche.

La fin du monde approche. Avec toute une foule je vais devoir partir par la mer vers… un au-delà. Ma mort approche. Pour partir je veux emmener quelques affaires. Je descends pour trouver un petit sac dans lequel je mets du sel, du poivre, un livre, un masque pour me protéger du Covid. Par la suite je réfléchis et me dis que je n’en aurai pas besoin puisque je vais mourir. Dans la foule qui va partir je rencontre une ancienne collègue qui accepte son départ sans difficulté.

De nombreuses personnes, parmi elles beaucoup de jeunes, arrivent par la mer en marchant sur l’eau. Elles sont habillées de couleurs chatoyantes. Elles viennent nous chercher.

 » Je me suis réveillée très heureuse, très détendue. »

La fin du monde c’est la fin de son monde. Ce n’est pas facile d’accepter cette fin car son annonce ne nous dit pas s’il y a quelque chose après et  si ce quelque chose existe  comment il est. Dans ce rêve la rêveuse n’a pas le choix. Elle doit partir pour cet inconnu qui lui fait peur. Alors pour se rassurer elle veut emporter quelques petit objets, comme pour faire que l’ancien monde se perpétue dans le nouveau. Mais elle perçoit assez vite  que ce besoin est illusoire. Elle doit « se jeter à l’eau ». Pour cela elle est aidée par sa rencontre avec son ancienne collègue qui accepte son départ sans difficulté. Quand on l’interroge sur cette ancienne collègue elle dit que c’était quelqu’un de très tendu, crispé, que depuis peu elle est en retraite et que sa vie a complétement changée. Elle est très heureuse, détendue et rayonne.

La fin du rêve lui ôte les quelques appréhensions qui lui restaient. Elle est accueillie par la jeunesse dans la joie, la bonne humeur, une lumière de toutes les couleurs. Il y a quelque chose du miracle chez ces jeunes qui marchent sur l’eau.

Ce rêve exprime bien ce qui se passe dans la vie extérieure de la rêveuse. Des transformations importantes, des lâchers prises, des ouvertures qui font suite à des appréhensions, des difficultés de toutes sortes y compris physiques.

Dans l’interprétation des rêves de cet article nous nous sommes intéressés à ce qu’ils représentent intérieurement pour les rêveurs en lien avec leur vie personnelle mais, à leur lecture, on ne peut pas s’empêcher de penser à la situation extérieure, collective que nous vivons tous. La peur ou le refus de voir concernant  : Les catastrophes climatiques qui se déroulent sous nos yeux et celles qui s’annoncent. Elles  sont la cause du comportement de l’homme envers la nature (la nature inclut le végétal, le minéral, l’animal dont les êtres humains. Elle est aussi l’inconscient de l’humain) .  La montée des autoritarismes, des fascismes, des guerres. La possession par la dualité ( Nous ne voyions les problèmes que par deux solutions opposées et nous nous sentons obligés de choisir l’un des deux camps) … 

L’intérieur, le personnel et l’extérieur, le collectif sont intimement liés comme la mort est intimement liée à la vie que ce soit dans les rêves ou dans la réalité extérieure.

A ce propos voici ce que disait Krihnamurti 

Ces phrases sont les dernières de son livre « Dernier journal »

Et devant cette feuille morte dans toute sa beauté, sa couleur, peut-être pourrions-nous être conscients au plus profond de nous-mêmes, saisir ce que doit être notre propre mort, non pas à la fin ultime, mais au tout début de notre vie. La mort n’est pas une chose horrible, une chose à éviter, à différer, mais plutôt une compagne de chaque jour. De cette perception naît alors un sens extraordinaire de l’immensité.

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La Projection dans la rencontre avec les autres humains

Voici comment est définie la projection dans le glossaire :

Jung disait que tout ce qui est inconscient en nous est projeté sur l’extérieur.

D’une façon générale, dans la rencontre avec une personne (un animal, un objet …) nous ne voyons qu’une image que nous projetons sur cette personne. Cette image n’est pas la réalité de la personne, elle n’est que le reflet d’un aspect de nous-même (une ombre) que nous ne connaissons pas. Le rêve de l’enfant et de la collègue  nous permet de découvrir la projection sur la collègue.

Cette projection gouverne nos vies et nous empêche de voir les gens et les choses tels qu’ils sont, d’où des malentendus permanents car nos proches, en particulier, ne réagissent pas comme nous le souhaitons c’est-à-dire comme nous sommes inconsciemment. Nous verrons plus tard que les rêves nous montrent qu’il est possible d’aller vers le retrait des projections, vers la connaissance de soi et des autres. Cette évolution est le résultat de prises de conscience successives.

Comment reconnaître nos projections ? Nous ne pouvons les voir. Nous ne pouvons les reconnaître que quand elles se retirent. Par contre nous pouvons être alertés dans des situations extrêmes quand nous avons une attraction ou une répulsion forte pour une personne. C’est comme si nous étions possédés par une émotion. Nous ne sommes plus vraiment nous-mêmes. C’est l’émotion qui véhicule l’image que nous projetons sur l’autre sans le vouloir, sans le savoir.

En général la rencontre avec les autres se fait par la projection d’une partie de nous-même. Ce n’est pas une véritable rencontre mais c’est une possibilité dans le futur de découvrir une partie de soi-même et en même temps de découvrir l’autre. C’est pourquoi dans Quelques repères pour comprendre un rêve j’écrivais que sauf notre propre personnage qui représente notre moi conscient, « les autres personnages sont des parties de nous, de notre personnalité. Nous pouvons dire que ce sont des énergies, des forces qui sont en nous. Pour savoir ce que représente l’image d’un personnage posez-vous la question de comment vous le décririez d’une façon succincte en terme de caractère mais aussi physiquement … Cette image représente une partie inconsciente en vous qui a ce même caractère. »

Comment faire en sorte que la projection se retire? Impossible d’autant plus qu’on ne sait pas qu’il y a projection. Seuls les autres peuvent la voir. Mais s’ils me le disent je ne les croiraient pas puisque je ne le vois pas. Cela m’irritera probablement. Le retrait de la projection est le résultat du processus d’individuation.

Comment vois-t-on que la projection se retire? Dans la vie, nous pouvons ressentir que nous nous éloignons de la personne. Avant nous étions comme collés sans en avoir conscience, nous étions attirés ou repoussés par une facette de cette personne, une facette brillante, comme un diamant qui scintille. Maintenant cette facette n’est plus brillante et nous voyons d’autres facettes qui peuvent paraître opposées à la précédente. Ces autres facettes ne sont pas brillantes comme la précédente.  Ce n’est pas vraiment un éloignement c’est plutôt une séparation qui ne supprime pas la relation car celle-ci se fait avec une vraie personne au lieu d’avec une image. Cette relation devient plus consciente, plus simple. S’il y a des désaccords ils ne sont pas niés mais l’autre est accepté pour ce qu’il est réellement. Nous nous ressentons comme plus autonome, plus nous-même. Quand la projection avait créé un amour fou pour un autre, quand elle se retire il reste un amour qui n’est plus possessif ou colonisateur, un amour qui laisse toute la place à l’autre d’être lui-même.

Mais la projection ne se retire pas toujours. Elle peut durer longtemps avec la même personne ou évoluer de l’attirance vers la répulsion ou inversement. Dans ces cas le changement ne s’accompagne pas d’un retour sur soi, d’une prise de conscience de la partie en nous-même qui était projetée. Celle-ci reste inconsciente. Il y a conflit entre la facette brillante et les autres. Ce conflit peut aboutir à une séparation définitive ou pas car la projection est toujours là. Cette projection peut aussi tomber  un jour sur une autre personne. C’est ce qui arrive couramment  dans des couples qui se déchirent, se séparent puis un membre du couple projette sur une autre personne qui ressemble étrangement à la précédente. 

Voici deux rêves dans lesquels on peut voir que la projection se retire.

Rêve – Elle est mariée avec un homme important

La rêveuse est mariée avec un homme important de l’entreprise dans laquelle elle travaille. Il habite dans une sorte de château médiéval. Elle vit dans ce château avec lui et sa famille mais elle se sent mal à l’aise. Elle se sent mal à l’aise car elle ressent ce château et son aménagement comme non réel, comme un décor de théâtre, une image.

Dans la « vraie » vie, la rêveuse est mariée et s’entend bien avec son mari qui n’est pas l’homme du rêve.  Ce dernier est quelqu’un de bien réel qu’elle a l’occasion de rencontrer dans le cadre de son travail. A propos de ce rêve elle dit qu’elle s’est toujours considérée comme inférieure aux gens importants, ces gens sûr d’eux, qui parlent bien, ont du pouvoir… C’était le cas avec l’homme du rêve mais elle ressent que cette attitude est en train de changer par rapport à lui et par rapport aux autres personnes qu’elle considère comme importants. Elle se rend compte qu’elle les voit de plus en plus comme des gens ordinaires.

Dans ce rêve on peut considérer que le fait qu’elle soit mariée avec l’homme important nous montre qu’elle projette sur lui son image idéale de l’homme dont elle est l’inférieure. Elle est dépendante de lui car elle vit chez lui avec sa famille à lui. Vivre dans un château c’est avoir une vie de château. C’est une vie qui nous paraît idéale, harmonieuse, une vie que l’on aimerait bien avoir. C’est pourquoi on considère souvent que le château symbolise le Soi , l’unité de la personnalité.

Mais dans ce rêve la rêveuse prend conscience que ce soi-disant château, cet homme idéal est un mirage, une image. Le rêve lui montre qu’elle est en train de retirer une projection. Elle devient indépendante de lui. Il n’y aura plus d’inférieur ou supérieur. Seulement des gens ordinaires avec des qualités, des défauts, des dons, des faiblesses.

Rêve – Mon voisin.

Je suis dans ma maison. Je vois arriver mon voisin d’en face. Sa maison est en plein travaux. Il veut voir un spectacle qui a lieu devant chez lui mais pour le voir il est obligé de venir chez moi à cause des travaux. Il s’installe sur le rebord d’une fenêtre du rez de chaussée. Je lui dis qu’il est mal installé. Je ferme complètement la fenêtre pour qu’il puisse s’assoir confortablement.

Après le spectacle je l’invite à venir dans ma maison. La salle du bas ressemble à la pièce de vie d’une maison à la campagne dans laquelle j’ai habité. La pièce est sombre, les ouvertures sont petites, le sol est en tomettes, le chauffage est assuré par un poêle à bois… Je lui propose de venir à l’étage. L’aménagement est très différent. Le style est moderne, la pièce très claire grâce à une grande baie vitrée qui lui donne une belle luminosité. Mon voisin apprécie beaucoup plus cet étage. Je lui dis que pour moi les deux lieux sont complémentaires.

A ce moment là j’aperçois sa femme. Elle me demande si elle peut monter voir les pièces au dessus. Je l’invite à aller les voir. A cet étage il n’y a pas d’intention particulière dans l’aménagement des 3 chambres. C’est entre le traditionnel et le moderne.

Beaucoup d’éléments de ce rêve correspondent à la réalité extérieure. Les lieux, l’existence du voisin et de sa famille qui habitent dans une maison en face de celle de la rêveuse. Ce voisin a engagé de très gros travaux d’extension dans sa maison. Avant ces travaux la rêveuse le trouvait très sympathique, très agréable. Si des conflits pouvaient apparaître dans le quartier ou dans des conversations générales il avait toujours des mots apaisants pour atténuer, minimiser ces conflits. Il lui apparaissait comme quelqu’un  de « bien éduqué ». Mais depuis le début de ses travaux il se montre très différent en défendant son espace d’une façon très agressive. La rêveuse est bouleversée par cette nouvelle attitude, elle lui en veut terriblement et semble l’épier dans ses moindre gestes.

Dans la réalité les travaux gênent la rêveuse. Dans le rêve ils gênent également le voisin qui pour voir le spectacle devant chez lui vient s’installer chez la rêveuse. Celle-ci pourrait être très en colère après lui si elle réagissait comme dans la réalité mais ce n’est pas le cas et de plus elle l’aide a bien s’installer, l’invite dans sa maison qu’elle lui fait visiter.

Pour comprendre la suite il faut savoir que la rêveuse considère son voisin comme ayant une vie très consommatrice en général contrairement à son discours. Ses travaux sont très importants et pour elle ne sont pas justifiés. Elle dit qu’elle a une vie beaucoup plus simple et considère que la vie consommatrice de son voisin est inadmissible dans une époque où les problèmes climatiques en cours et à venir nécessitent beaucoup de sobriété. Dans sa maison du rêve le rez de chaussée correspond à ses idées de sobriété qui ne sont pas du goût de son voisin qui préfère le second étage qui ressemble étrangement à la maison réelle du voisin.

La maison de la rêveuse intègre sa vision de la vie au niveau du rez de chaussée et celle du voisin au 1er étage. Le second étage est une sorte d’union des deux où l’opposition a disparu avec l’apparition de la femme du voisin.

Ce rêve a aidé la rêveuse a être beaucoup plus détendue par rapport à son voisin. Il n’y a plus cette haine qui s’installait en elle. Mais elle n’a pas changé quant-à ce qu’elle pense des attitudes de son voisin. Le lendemain du rêve elle est allée le voir pour un évènement qui aurait pu dégénérer en conflit si le rêve ne l’avait pas aidée à prendre du recul, à retirer sa projection.

Un mois plus tard elle me disait : « J’ai l’impression que mon voisin a beaucoup changé. Je ne le vois plus pareil. Avant il était sûr de lui, imposant. Maintenant je le vois comme un petit toutou une peu affaissé, submergé par ses problèmes…  » . Je lui répondais qu’il avait beaucoup changé surtout en elle, qu’elle, avait beaucoup changé.

Sur la projection dans un couple voir également « L’amour est-il impossible ?« .

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Interpréter ses propres rêves

Cet article s’adresse aux personnes qui ont beaucoup fréquenté ce site. Pour les autres, pour mieux comprendre, il est préférable de commencer par le début (voir Les rêves et la vie ).

Ce site a pour but de vous aider à comprendre vos propres rêves. Si vous avez avancé seul dans la recherche de compréhension de vos propres rêves c’est une bonne chose car cette recherche vous aide à avancer sur votre chemin (cf « Il n’y a qu’un seul chemin et c’est votre chemin » C.G. Jung dans « Le livre rouge » ) et vous seul pouvez le faire. Personne ne peut le faire à votre place.

Mais avec le temps vous risquez de tomber dans une voie de garage car même si vous essayez d’être honnête avec vous-même, d’être objectif, vous n’êtes pas à l’abri de l’inconscience, d’être dupé par vous-mêmes. Votre moi qui est celui qui cherche à être à l’écoute de l’inconscient a besoin de sécurité, il n’aime pas être dérangé dans ses habitudes, ses comportements, ses croyances. Il peut avoir tendance à interpréter vos rêves dans les orientations qui l’arrangent. Un rêve peut être interprété de multiples façons qui peuvent se compléter mais aussi être contradictoires. Par ailleurs, l’interprétation d’un rêve n’est pas seulement le résultat d’une technique, d’une méthode. Elle dépend beaucoup de l’intuition de l’interprète qui provient de sa partie irrationnelle, de son inconscient. Elle est (doit être) le résultat d’une collaboration entre une démarche rationnelle qui est extérieure et l’accueil de ce qui vient en nous.

Cette participation de l’inconscient dans l’interprétation est nécessaire, fondamentale. Or l’inconscient n’a pas toujours raison.  Les débutants dans l’interprétation ont souvent tendance à considérer que l’inconscient a toujours raison. Il ne faut pas le suivre aveuglément. C’est malheureusement ce que font les personnes quand elles sont dans un état de possession par l’inconscient. Voici un exemple extrême: un jeune homme étiqueté schizophrène avait régulièrement des voix. Un jour la voix lui demanda de se planter un couteau dans le ventre ce qu’il fit. Il ne faudrait pas en déduire que les voix sont toujours dangereuses mais dans ce cas elle l’était. Il faut savoir également que l’attitude de l’inconscient est fonction de l’attitude du moi. Si le moi est à son écoute sans être dépendant de lui il sera d’une grande aide et lui donnera de bons conseils.

La voie de garage c’est quand le moi (vous et moi) a tout compris, qu’il est dans la vérité. Il est très emballé par sa (nouvelle) méthode, convaincu qu’elle est La Méthode. Il va vouloir en convaincre tout le monde autour de lui. Il  sera pressé d’utiliser ses rêves pour trouver des solutions pratiques à ses problèmes. Peu à peu il ne sera plus à l’écoute de son inconscient, de ses rêves qui à son avis ne lui diront que ce qu’il sait déjà. Il pensera qu’il sera toujours à l’écoute de son inconscient mais en réalité il sera centré sur lui- même. Il ne sera plus en recherche puisqu’il aura trouvé. Son inconscient qui ne se sentira pas écouté va réagir également. Il peut dire tout et son contraire, comme pour désorienter le moi ou simplement il n’y aura plus de rêves. Par lassitude le moi sera tenté d’aller vers une autre méthode ce qui n’est pas forcément une mauvaise solution.  Ou il continuera en comptant sur le temps passé, sur le fait que ses efforts seront récompensés.

Comment tenter de ne pas tomber dans une voie de garage et comment repérer que nous y sommes déjà? Pas facile car nous sommes à la fois l’observateur et l’observé. Une solution incontournable est d’échanger sur ses rêves avec une autre personne. Une personne qui soit à l’aise avec la compréhension des rêves mais surtout qui ait fait un travail sur elle-même qui l’aide à ne pas se cramponner sur ses certitudes, à être à l’écoute de l’autre, de son propre inconscient. Cet échange sur  ses rêves avec un interprète de rêves ou analyste va mettre en route une projection (voir l’article  » La Projection dans la rencontre avec les autres humains  »  qui est ce qui se passe en général dans la rencontre avec une autre personne. Dans ce cas certains l’appellent un transfert.

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Liberté – monde intérieur, monde extérieur

En permanence nous vivons à la fois dans deux mondes très différents : Le monde extérieur et le monde intérieur. Peu à peu, avec le temps, l’accueil de ses rêves, la tentative de les comprendre, nous amène à ressentir que ces deux mondes sont très différents, très séparés et à la fois très imbriqués. Nous avons de plus en plus la sensation, la conscience que notre implication dans notre vie extérieure est comme un chemin qui se dessine pour avancer vers ce que nous sommes profondément à l’intérieur. Mais on peut dire aussi l’inverse. Notre implication, notre évolution dans notre monde intérieur est une nourriture pour avancer dans le monde extérieur. L’implication dans notre vie extérieure n’est pas de faire obligatoirement des choses extraordinaires. C’est répondre en permanence à ce que nous demande la vie au quotidien. C’est un engagement intérieur très important qui nous est demandé. On le perçoit peu à peu…

Ces deux mondes (ou deux plans) ils peuvent être également le monde de la conscience rationnelle et le monde de l’inconscient irrationnel (les anciens disaient l’âme). Mais ce n’est pas toujours simple de les repérer, surtout chez soi. C’est plus facile chez les autres. L’inconscient n’est pas perceptible par notre moi conscient, il ne l’est que par ses manifestations bien concrètes. Ces manifestations sont en général perçues seulement comme des faits, des attitudes, des comportements, des hasards. Nous ne pouvons les voir comme des manifestations de l’inconscient que quand nous commençons à nous en libérer, à les rendre conscientes en nous.

Nous avons tous un immense besoin de liberté qui est un état dans lequel les conflits qui nous oppressent disparaissent, un sentiment d’ouverture où tout est possible, plus de frontières, une confiance en la vie où l’inquiétude n’a plus de place, l’acceptation de la réalité, un amour inconditionnel, une paix…

Cette liberté nous la recherchons à l’extérieur dans nos relations, nos réalisations, nos consommations… Nous projetons (voir Projection dans le Glossaire) notre besoin intérieur dans le monde extérieur. Mais quand nous semblons approcher cette liberté elle ne dure pas ou elle se dérobe car elle reste dépendante de cet extérieur.

Voici un rêve dans lequel la rêveuse a ressenti intensément, physiquement cette liberté.

Rêve – Reconduite du pass vaccinal

Une nouvelle vient de tomber.

Reconduite du pass vaccinal pour un an. A ce moment là je me trouve avec d’autres personnes. Je dis que pour moi il n’est pas question d’accepter.

C’est NON. Je le dis avec force.

Certaines personnes disent : On ne peut pas faire autrement…

Devant moi il y a une grande fenêtre bien ouverte. Par cette fenêtre j’aperçois un autre univers. La nature, des lieux d’habitations. Tout ce qui fait la vie. La vraie vie. Je dis : J’y vais… Je sais que je vais m’affronter aux vrais éléments de la vie. Le beau mais aussi le difficile. J’abandonne ainsi l’enfermement dans lequel on se trouve.

Je ressens que je suis libérée d’un poids énorme.

Pour mieux comprendre ce rêve il faut savoir que jusque là cette rêveuse a refusé de se faire vacciner et que cette position la prive d’une partie de sa vie. En même temps, pour elle, son refus est une défense de sa vie, de sa liberté et de celles des autres.

Voici ses commentaires quelques jours après ce rêve.

 » Je me rappelle de la sensation du rêve. Cette annonce de la reconduction du pass vaccinal pour un an inscrit fortement ce pass dans la durée. Cela va continuer. Je ne sais pas quand cela va s’arrêter… C’est quelque chose qui est là… qui m’arrive… Je me mets avec.

Je ne refuse pas cette réalité. Celle reconduction elle est là. Je ne peux rien faire, je ne peux pas changer cette réalité. Par contre il y a quelque chose qui émerge en moi. Je dis NON. Le NON c’est quand même une façon de s’inscrire dans autre chose, d’amener une sorte de réponse, d’intégrer quelque chose. Au moins j’ai quand même une sorte d’indépendance, d’autonomie par rapport à cette histoire.

Avant d’avoir dit NON je ne voyais pas la fenêtre. Il y a une légèreté dans cette fenêtre ouverte, c’est une bouffée d’oxygène, c’est la vie. Elle ouvre sur la vie, sur une perception d’autre chose. Je me suis libérée d’un poids énorme. Mais cette légèreté englobe les contraintes de ce pass, cet espèce de poids énorme que je ressens, les difficultés seront là de toute façon, ce sera difficile. L’un ne va pas sans l’autre.  Ça m’agace profondément et en même temps il y a des choses qui s’ouvrent. Comment ça peut arriver ça? « 

Ce rêve a laissé une marque importante dans la vie de la rêveuse, dans sa vison du monde et de sa place dans le monde. Par la découverte de cette fenêtre elle a pu accéder à une liberté intérieure, une légèreté, une sensation de vie. Mais pénétrer dans cet autre monde n’est pas une fuite vers un paradis, ce n’est pas un « rêve » imaginaire créé par le moi pour fuir les difficultés de la vie. Ce monde intérieur ne supprime pas le monde extérieur. Il le rend vivant, il permet de le prendre à bras le corps.

Nous retrouvons ici le lien entre les opposés dont il était question dans l’article La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir?. Dans le premier rêve de cet article « Une prison light pour hommes » la rêveuse, qui n’est pas la même que celle de ce rêve (Reconduite du pass vaccinal), a ressenti également cette liberté intérieure représentée par ces femmes qui ont créé une oasis de vie au centre de la prison. Mais là aussi cela a été possible car la rêveuse a accepté la réalité de la prison dans laquelle elle était, prison qui lui évoquait les difficultés  de sa vie personnelle ainsi que les contraintes résultant des mesures gouvernementales concernant la situation sanitaire.

Cette liberté intérieure nous l’avons vue également dans l’article L’amour est-il impossible? quand il est question du coup de foudre (nommé amour divin) qui nous transforme radicalement au point de nous faire ressentir que la vie est belle, pleine, que tout est possible, que nous pouvons quitter notre vie quotidienne actuelle qui paraît grise à côté de cet espace de liberté qui s’ouvre devant nous. De même dans cet article nous avons vu ces deux mondes intérieur (amour divin) et extérieur (amour humain) très différents, très séparés et à la fois très imbriqués.

Voici un rêve où la sensation de liberté n’est pas forcément ressentie par la rêveuse mais cette sensation est en devenir, en construction sans qu’elle en soit très consciente. On peut comprendre que le rêve est là pour l’aider à développer cette conscience de la liberté en acceptant les changements, transformations qui sont à l’œuvre en elle.

 

Rêve – Rencontre avec les Roms.

Je vais chez mes parents qui ont une immense maison style 1970. De grandes pièces spacieuses. La déco est rustique mais il y a un grand potentiel. A travers les grandes baies vitrées j’aperçois dans la rue de jeunes Roms. Dès qu’ils me voient ils s’éloignent. Une femme âgée sonne à la porte. Je vais lui ouvrir. Elle est très dynamique, elle court partout. Dehors elle a parlé avec les Roms. Elle essaye de faire le lien entre les Roms et moi.

La rêveuse dit qu’elle était plutôt ouverte envers les Roms et en même temps partagée. Pour elle ils représentent la liberté, l’imprévisible. Elle est attirée par eux et en même temps elle appréhende cet imprévisible. Cet imprévisible qui peut déboucher sur l’inorganisation, l’éclatement, l’insécurité. Mais le refus systématique de l’imprévisible ferme la porte au renouveau, à la vie qui vient de l’inconscient. Les Roms sont proches de l’inconscient, de la vie, de la liberté.

Leur comportement est très bien décrit dans le film « Tom Médina »  (bande annonce interview du réalisateur Tony Gatlif).  Il faut lire également le livre  » Gadji » de Lucie Land (existe en livre de poche) , une immersion dans le monde Rom, une vie de liberté, de joie, du tout est possible dans un monde souvent cruel.

Dans ce rêve une femme âgée, dynamique, qui pourrait représenter une forme de sagesse, essaye de faire le lien entre la rêveuse (sa conscience) et les jeunes Roms (son inconscient plein de dynamisme). Sa conscience est à la fois attirée par cette proposition et inquiète de perdre une certaine sécurité. Cette sécurité est représentée par ses parents. Elle est dans la maison de ses parents qui représente ce qu’elle connait, ce qu’elle a appris dans son enfance, les habitudes, les traditions. Mais le rêve lui montre que la maison a changé car elle n’est pas du tout celle de la réalité extérieure. Elle est très grande, les pièces sont spacieuses et la déco rustique ne sera pas un problème car il y a beaucoup de potentiel. On peut prévoir que dans l’avenir la rêveuse transformera cette maison à son image pour l’habiter tout en étant en contact avec le dynamisme des jeunes Roms.

Trouver sa liberté intérieure, c’est aussi se trouver soi-même, aller vers la conscience de la totalité de sa personnalité en acceptant les parties faibles, rejetées, refoulées dans l’inconscient. Les Roms sont aussi un symbole de ces parties rejetées. (voir Accepter nos faiblesses, nos handicaps).

 

Voici un rêve qui a première vue ne semble pas parler de liberté. Et pourtant …

Rêve – L’écho.

Les mots que je dis doivent me revenir en écho. Je cherche un lieu qui offre la bonne résonance.

Je me place face à la montagne. C’est très tôt, on devine le soleil, Je dois trouver le bon emplacement, la bonne hauteur, le bon angle, c’est très précis pour que le mot me revienne avec la bonne résonance.

Cela prend du temps.

Lorsque le mot me revient, je l’intègre, c’est une nourriture.

A chaque fois que je dis un mot je réajuste ma position pour que le mot me revienne de la façon la plus juste possible. Je dois être très attentive. Cela va durer toute la nuit.

J’ai la sensation que la répétition a une fonction. Au fur et à mesure je me sens de plus en plus en phase. L’écho renvoie le mot plus fortement à l’intérieur. Le matin en me réveillant, je sens l’écho en moi , c’est très fort. Pour moi c’est le phare.

Dans ce rêve la rêveuse sait que les mots doivent lui revenir en écho. Elle sait également qu’elle doit réajuster en permanence sa position, le lieu où elle se trouve, pour que le mot qui lui revient soit le plus juste possible. Elle sait mais il n’y a pas d’explication sur ce savoir. Personne ne lui dit, ni lui impose ce savoir. Elle ne l’a pas obtenu par un travail, une méthode, un raisonnement, une lecture, une pensée… Elle sait. Ce savoir ne vient pas de sa conscience.

Et comme elle sait, elle fait. Elle répète inlassablement, toute la nuit car le mot qui lui revient est une nourriture. Il est de plus en plus nourrissant au fur et à mesure qu’elle s’approche de la bonne position.

En fait elle est entrée en dialogue avec une partie d’elle même, un double (l’inconscient, son homme intérieur…) qui ne parle pas le langage de la conscience (rationnelle) mais néanmoins sait répéter les mots qu’elle prononce dans la mesure où elle est au bon endroit. En lui renvoyant ses mots il les utilise comme un véhicule pour transporter son langage à lui qui est perçu par la rêveuse (la conscience) comme une nourriture.

La rêveuse, la conscience, a découvert comment entrer en contact avec son inconscient, que ce contact est une nourriture puissante qui enrichit ses mots, les rend nourrissants, forts, vivants. Ce contact sera de plus en plus riche au fur et à mesure où elle se rapprochera d’une position, d’un lieu, qu’elle ne peut trouver que par tâtonnements.

Elle a découvert une ouverture, une fenêtre qui lui permet d’accéder à la source de la vie comme dans le rêve du début de cet article (« Reconduite du pass vaccinal »). Elle a découvert le lien possible entre ces deux mondes très différents, qui ne parlent pas la même langue, celui de la conscience rationnelle et celui de l’inconscient irrationnel.

Elle a découvert comment s’engager au quotidien dans le contact à la fois avec son monde intérieur et avec son monde extérieur. Cette liberté tant recherchée elle ne peut advenir que dans une acceptation profonde des contraintes qui nous sont imposées tant à l’extérieur (par les autres, la structure de la société, les manifestations de la nature…) qu’à l’intérieur ( par les forces inconscientes). Cette acceptation ne peut advenir que par la conscience de ces contraintes, conscience qui n’est pas qu’une conscience rationnelle.

J’espère qu’à la lecture de cet article on comprendra, ce qui n’est pas toujours évident pour un rationnel occidental (dont je suis), que l’acceptation profonde des contraintes n’exclue nullement de s’engager avec force contre celles que nous considérons comme nuisibles.

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La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir?

L’homme est perpétuellement pris en tenaille, écartelé, entre des opposés. Des opposés qui font partie de sa vie, qui font partie de lui mais aussi de toute l’humanité. C’est à la fois son problème personnel et celui de l’humanité toute entière.

Il est pris entre le ciel et la terre, l’esprit et la matière, l’intérieur et l’extérieur, le bien et le mal, le bonheur et le malheur, le jour et la nuit, conscient et inconscient, ordre et désordre … mais aussi plus concrètement entre l’attitude masculine et l’attitude féminine, l’attitude extravertie et l’attitude introvertie, la raison et l’irrationnel, l’individuel et le collectif, moi et les autres, pensée et sentiment, intégration et marginalité, agir et ne pas agir etc, etc.

Il est pris dans la dualité.

Cette situation crée en lui une énorme souffrance qui peut être consciente quand par exemple il n’arrête pas de changer d’avis sur un même sujet, mais aussi très souvent inconsciente ou diffuse. Pour supprimer cette souffrance il se sent obligé de choisir l’un des deux pôles. Mais ce n’est pas seulement pour supprimer sa souffrance c’est aussi parce que la réalité concrète, la vie lui impose de faire un choix. Nous ne pouvons pas éternellement remettre le choix à plus tard car cela reviendrait à faire le choix de l’immobilité. Pour avancer dans la vie, pour vivre nous devons choisir. Très souvent ce choix n’est pas conscient. Il est le résultat de notre histoire, de nos conditionnements.

Cette question du choix impossible entre deux solutions qui semblent opposées revient régulièrement chez l’individu qui cherche à être lui-même. Elle s’exprime dans les rêves qui, souvent, dans un premier temps semblent vouloir nous faire vivre, ressentir, les deux opposés alternativement afin de trouver une solution, non envisagée au préalable, dans laquelle nous ressentons les deux opposés comme des complémentaires.

Vivre le conflit, même très intensément, ce qui veut dire vivre, accepter la souffrance qu’il génère pour aboutir à une solution apaisée qui n’est pas le refoulement de l’un des deux choix mais une sorte d’union à un autre niveau. Le refoulement de l’un des deux est une solution qui semble soulager au début mais plus tard (ou très vite) le conflit réapparaitra encore plus fortement ou s’exprimera dans le corps car refoulement n’est pas suppression. Dans la nature rien ne disparait, tout se transforme.

Nous sommes dans une période très tourmentée où les opposés s’affrontent. Sur beaucoup de sujets nous sommes sommés de prendre parti pour un camp ou pour l’autre. Ami ou ennemi. Rien d’autre. C’est la « guerre ». L’individu dans ce qu’il est de plus intime, de plus profond, ne peut s’exprimer dans cette dualité. Cette ambiance nauséabonde crée la peur, affaiblit la conscience, le moi, et le laisse fragile face à des forces inconscientes qui s’expriment de plus en plus au grand jour. Le moi faible est plus enclin à choisir l’un des deux camps parce qu’il n’a pas la force de résister. Pour être tranquille… En faisant cela il choisit la guerre.

Les rêves sont nombreux à aborder cette question de l’affrontement des opposés et et de la façon d’en sortir. En voici quelques-uns.

Rêve – Une prison light pour hommes

Dans une prison light pour hommes. Je me promène dans un couloir en me dirigeant vers le centre de la prison. Là, au cœur, je rencontre des femmes pleines de vie. Elles ne sont pas impressionnées ni par les hommes ni par la prison. La prison n’est plus un problème pour elles car elles ont créé une oasis de vie dans son centre.

Voici les premiers commentaires de la rêveuse peu de temps après l’arrivée de ce rêve :

 » J’ai l’impression d’avoir atteint une source de vie, là où les opposés s’apaisent… L’impression d’aller vers ma personnalité profonde. Les hommes obéissaient à certaines règles assez froides mais cette manière d’être avait son utilité. Les hommes étaient à la périphérie, ils permettaient un rapport avec l’extérieur comme si les femmes ne pouvaient pas être directement en contact avec l’extérieur. Ce rêve est très fort. Il habite tout mon corps. »

Les opposés dont elle parle ce sont, en elle, le féminin et le masculin mais aussi l’intérieur et l’extérieur. Ces notions de féminin et masculin sont très délicates à aborder. Chacun, y compris celui qui écrit ces lignes, y met ce qu’il est, ce qu’il a vécu. On pourrait les remplacer par les mots orientaux de Yin et Yang mais la difficulté serait encore plus grande car ces mots ne font pas parti de notre culture, de notre vécu. Ce ne sont que des coquilles vides que notre intellect peut remplir avec n’importe quoi c’est-à-dire en répétant ce qu’il a entendu ou lu. Il y a un lien très important entre la notion de féminin et les femmes en général tout comme il y a un lien important entre la notion de masculin et les hommes en général. Mais il y a du féminin et du masculin chez les femmes et chez les hommes. Par ailleurs une personne peut paraître très féminine dans son aspect extérieur et se comporter ou penser d’une façon très masculine et inversement. ( voir Féminin – Masculin vers l’harmonie et suivants).

Pendant longtemps les rêves de cette femme insistaient sur le fait qu’elle devait s’intéresser à sa partie féminine pour que celle-ci s’exprime plus. Inconsciemment elle en avait déduit qu’elle devait freiner en elle son côté masculin. Puis un jour un rêve lui a fait comprendre que développer son côté féminin ce n’était pas s’empêcher d’être masculine. Dans ce rêve de prison nous pouvons constater que ces deux orientations féminin – masculin ne sont pas opposées mais complémentaires. Chacune a sa place. C’est parce que les hommes sont là avec leurs règles froides, c’est-à-dire appliquées automatiquement, que le féminin peut totalement s’exprimer  en créant de la vie. Notons néanmoins que cette prison est une prison light (En Anglais : léger ou lumière). Les règles appliquées par les hommes ne sont probablement pas aussi froides que ce que dit la rêveuse. Il y a de la légèreté dans leur application, de la détente… du féminin.

Au moment du rêve la rêveuse avait une vie personnelle difficile qui était rendue d’autant plus difficile par les mesures gouvernementales concernant la situation sanitaire. Comme beaucoup de gens elle se heurtait à des contraintes extérieures mais aussi à cette ambiance nauséabonde générale qui l’empêchaient de vivre, de s’exprimer. Elle se sentait comme dans une prison à ciel ouvert. Le rêve vient lui montrer que cette prison peut devenir une protection si par l’intermédiaire de ses attitudes masculines elle entre en contact (d’une façon light) avec cet extérieur menaçant. Cette protection du masculin pourra permettre à sa féminité de s’exprimer, de se développer en toute sécurité. Il faut noter que son moi, qui représente sa partie consciente, est parti de la périphérie et va vers le centre. Il (c’est-à-dire la rêveuse) est donc capable de partir des contraintes extérieures, de s’adapter par un masculin léger pour découvrir au cœur l’oasis féminin. Nous pouvons supposer qu’elle pourra également faire le chemin inverse.

Si nous essayons de regarder l’image du rêve que voyons-nous? Cette prison pour homme à la forme ronde ou carrée avec au centre une petite forme ronde ou carrée représentant l’oasis des femmes. C’est l’image d’un mandala. Ce mandala est utilisé en Orient pour favoriser l’intériorité, la méditation en profondeur. il est aujourd’hui très connu chez les occidentaux. Le fait de faire un mandala ou de le contempler nous met dans un état de sérénité, crée de l’ordre en nous. Jung a repris ce nom Hindou pour désigner cette structure symbolique qui dans les rêves représente la totalité de ce que nous sommes, comme il a repris le mot Soi (cf Glossaire) pour désigner notre centre. Dans ce rêve le Soi est représenté par ce lieu central, vivant où s’expriment les femmes. Il est « au cœur ». Il est le centre mais aussi le siège de l’amour. Il n’est donc pas étonnant que la rêveuse ait la sensation forte que le rêve habite tout son corps.

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Rêve – Pass sanitaire obligatoire à la bibliothèque.

Je dois renouveler mon abonnement à la bibliothèque. Je pourrai le faire en ligne mais je tiens à me déplacer. En  ce moment, je n’ai plus le droit d’emprunter des livres car je n’ai pas le pass. Pour moi c’est l’occasion d’avoir un contact avec le personnel. J’arrive à la bibliothèque, je demande à renouveler mon abonnement. J’explique que c’est pour utiliser les offres en ligne car je n’ai pas le pass. La personne me dit de regarder les livres. Je suis étonnée et lui redis que je n’ai pas le pass. Elle me répond qu’emprunter des livres dans une bibliothèque est essentiel sinon à quoi servent les bibliothécaires? Pour  mon histoire de pass elle s’en arrange ; Cela ne semble pas être un problème.

En ressortant je ressens l’importance d’avoir été dans le lieu. Je pensais vraiment que je ne pouvais plus avoir accès aux bibliothèques. Je n’ai pas  vu d’informations officielles sur l’accessibilité possible. C’était peut-être pour que je prenne conscience que la situation est très difficile mais que ce n’est pas aussi bloqué que ce je crois.

Ce rêve semble très proche de la réalité que vit la rêveuse. La tentation serait grande pour elle de penser qu’il ne fait que répéter la réalité extérieure qu’elle est en train de vivre dans cette période dans laquelle beaucoup de situations, d’habitudes ordinaires, nécessaires à la vie, sont interdites aux personnes n’ayant pas le pass sanitaire c’est-à-dire, pour le dire plus concrètement aux personnes qui ne sont pas vaccinées contre le covid 19. Qu’il ne fait que répéter la réalité extérieure en montrant qu’elle va s’améliorer. Rêve prémonitoire? (voir Rêves prémonitoires )

La rêveuse considère que pour défendre la vie, la sienne et celle des autres, dans sa situation personnelle elle se doit de ne pas être vaccinée. En conséquence sa vie est attaquée par les restrictions qui lui sont imposées. Sa situation est très paradoxale. Elle est prise entre ces deux opposés que sont  » se faire vacciner » ou « ne pas se faire vacciner ». Elle a fait son choix mais elle le supporte mal, elle supporte mal ses conséquences. Elle supporte mal également que d’autres personnes aient fait le choix contraire, elle les considère comme responsables de ces mesures « inadmissibles » que le gouvernement ne pourrait imposer si beaucoup plus de personnes les refusaient. Par ailleurs parmi les personnes vaccinées beaucoup semblent considérer que le virus n’aurait plus d’effets si les non vaccinés acceptaient de se faire vacciner… Nous sommes dans le conflit des opposés, dans la dualité.

Intérieurement, psychologiquement, nous projetons une partie inconsciente de nous-mêmes sur les personnes qui ont fait l’autre choix. Si la guerre est déclenchée ce qui semblait être le cas de la rêveuse, nous nous coupons d’une partie de nous-mêmes.

Que dit la rêveuse?

  » Dans le rêve je ne m’attendais pas à que cela se passe aussi bien, à ce que je rencontre une personne aussi compréhensive. Après je me suis sentie en recul. Une impression de légèreté. Je n’étais plus envahie par cette question du Pass. »

Elle n’était plus dans la guerre contre les autres, guerre en elle-même. Cet état était le résultat du rêve.

Mais dans la réalité extérieure il lui fallait renouveler son abonnement. Quelques jours après son rêve elle se présenta à la bibliothèque. L’entrée lui était interdite par un agent de sécurité. Elle parlementa, plaida sa cause. Peut-être pour s’en débarrasser car elle ne lâchait pas il lui conseilla de faire le tour de la bibliothèque. Après avoir frappé à une fenêtre puis une porte elle réussit à rencontrer une bibliothécaire. Elle ne fut pas autorisée à entrer mais pu renouveler son abonnement et avoir une conversation avec cette employée qui était tout à fait d’accord avec elle mais appliquait les ordres de ses supérieurs pour ne pas perdre son travail.

La rêveuse raconte :  » Quand je suis partie à la bibliothèque je ressentais mon rêve. Sans ce rêve je n’y serais pas allée. Je me sentais très concernée, très déterminée. Ce que j’avais à faire était juste. Mais je n’étais pas envahie par la colère, j’étais profondément détendue. »

Rêve – Calmer l’extrême droite.

J’étais avec d’autres qui avaient une tendance à aller vers l’extrême droite. J’essayais d’orienter leurs décisions pour qu’ils n’y aillent pas. Je faisais attention qu’ils ne s’aperçoivent pas que je n’étais pas des leurs.

Dans Wikipédia : « Le qualificatif « extrême droite » peut être utilisé de manière stigmatisante et péjorative par ses adversaires politiques en assimilant toutes ses tendances au fascisme et au nazisme. … en France, le terme n’est quasiment jamais assumé par ceux qui en font partie,… » Ce qualificatif est aussi associé aux mots patriotisme, nationalisme, traditionalisme, antisystème, xénophobie, racisme. Le mot « extrême » renvoie aux termes de radicalisation, autoritarisme, totalitarisme…

En fait pour une majorité de gens l’extrême droite c’est vraiment le pire, le mal. A une autre époque nous aurions parlé du diable qu’il faut repousser, combattre à tout prix. Je dirais : le diable qu’il faut refouler à tout prix.

Pour un rêveur qui n’est pas familiarisé avec l’inconscient ce genre de rêve met très mal à l’aise. Je me souviens d’une personne Iranaise réfugiée en France qui avait été torturée dans les geôles de son pays et qui avait rêvé à l’Ayatollah Khomeini. Elle était horrifiée.

Le rêveur de ce rêve sur l’extrême droite n’est pas trop déstabilisé car il a l’habitude de chercher la signification symbolique des rêves. Ce n’est quand même pas très réjouissant car le rêve lui dit qu’en lui il y a des forces représentées par des personnages d’extrême droite et qu’il les fréquente sachant que dans la réalité extérieure il fréquente des personnes de gauche voire d’extrême gauche. Nous sommes en présence du conflit entre les opposés que sont d’un côté la gauche voire l’extrême gauche et de l’autre l’extrême droite. Plus précisément, ces personnages d’extrême droite peuvent représenter en lui un extrémisme qui peut apparaître parfois dans ses pensées, ses actes. Un façon de rester droit dans ses bottes, d’être totalitaire dans ses convictions, fermé à l’écoute de l’autre (l’étranger en lui). C’est cela que lui montre le rêve par ses fréquentations. Mais il montre également que le rêveur commence à prendre conscience de ces attitudes et qu’il essaye de les atténuer avec beaucoup de douceur et de patience pour ne pas déclencher la guerre avec elles. On pourrait dire qu’il prend conscience de son refoulement.

La guerre entre les opposés. Comment s’en sortir?

Évidemment cette question ne s’adresse pas à ceux qui sont pris dans cette guerre et ils sont nombreux. Ce qui ne veut pas dire qu’un jour, après de nombreuses batailles extérieures, intérieures, ils ne verront pas les choses autrement. Tant que nous rejetons la responsabilité de nos problèmes sur les autres (projection) il n’y a pas d’issue. Pour les autres, ceux qui se la posent, ils auront compris à la lecture de ces rêves qu’il est possible de s’en sortir. Si patiemment nous sommes à l’écoute de notre inconscient, de ce que nous sommes, de nos ombres, les solutions viendront d’elles-mêmes. 

Il n’y a pas de solution automatique. La solution individuelle à un moment donné est le résultat d’une conscience aigüe de ce que sont réellement les deux opposés et également d’une transformation du moi conscient et de l’inconscient. 

S’il fallait néanmoins s’appuyer sur une solution générale ce serait, qu’après s’être imprégné de la nature des deux opposés, faire son choix et s’y tenir, tout en sachant que l’opposé non choisi contient également une part de vérité. Cela ne veut pas dire qu’un jour si les conditions ont changé nous ne ferions pas l’autre choix.

Le film  » Les Robins des pauvres » peut être une belle illustration, très actuelle, du conflit des opposés que sont  » faire le bien » ou « appliquer la loi ».

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Inconscient familial, conditionnement

Je (mon moi) crois être le centre de ma personnalité. Je crois prendre des décisions, agir toujours en connaissance de cause. Ce n’est pas aussi simple. Je suis (mon moi est) sous influence. Nous sommes conditionnés par tout un ensemble de forces, d’entités plus ou moins indépendantes les unes des autres dont l’ensemble est ce que nous avons coutume d’appeler l’inconscient. Parfois nous les ressentons vaguement car n’étant pas en accord avec elles cela crée en nous un conflit qui se traduit par un malaise, une sensation pénible dont nous essayons de nous débarrasser. 

Cet inconscient que nous ne connaissons pas mais que nous pouvons parfois percevoir indirectement par ses manifestations : malaises, symptômes, rêves, visions, voix, synchronicités … peut être décrit comme étant composé d’une multitude de couches en contact les unes avec les autres comme celles d’un oignon. La couche la plus extérieure serait notre conscience qui est en contact d’un côté avec le monde extérieur que nous appelons souvent le réel et de l’autre côté avec ce que Jung a appelé notre inconscient personnel. Cet inconscient personnel contient en particulier ce que nous avons vécu et qui est oublié, ce que nous avons vécu et refoulé car à l’époque c’était insupportable… Puis en allant vers le centre de l’oignon une infinité de couches faisant partie de l’inconscient collectif : l’inconscient familial, l’inconscient du territoire, du pays, du continent (ou groupe de pays), de l’animal en nous, pour aller vers un inconscient très profond, très ancien qui est commun à tous les êtres …

Ces couches ne sont pas figées, ne sont pas séparées de façon hermétique. Ce que nous avons oublié ou refoulé peut revenir à la conscience, de même que des éléments provenant de l’inconscient collectif sachant qu’il est probable que les couches les plus profondes ne pourront jamais être rendues conscientes. La conscience ainsi que toutes les couches inconscientes forment notre totalité, notre personnalité intégrale, notre Soi.

L’inconscient familial est ce que pensent les parents, les personnes proches de l’enfant, ou ce qui motive leurs actes sans qu’ils en soient conscients. C’est la couche de l’inconscient collectif qui est la plus proche de la conscience. Par ce qu’ils sont dans la vie, ces proches transmettent automatiquement à l’enfant qui vit dans leur environnement, cette partie inconsciente en eux. Mais pas seulement ce qui leur est personnel. Également l’inconscient de leur territoire, de leur époque… « Tiens-toi droit, ne mets pas tes coudes sur la table, tes doigts dans ton nez, tu dois travailler à l’école »… Il n’y a pas de jugement de valeur dans ces quelques exemples peut-être un peu dépassés, donc plus visibles.

L’accueil des rêves permet de dévoiler certaines de ces influences inconscientes qui nous dirigent et de se positionner consciemment sur celles que nous acceptons et celles que nous refusons. En voici quelques exemples :

Rêve – Des mariées alignées

Dans une ville, une place. Sur cette place des mariées sont alignées. Je distingue mal, il y a du brouillard. Les femmes sont figées comme dans un arrêt sur image. Je passe devant elles, rapidement pour ne pas les déranger et vais vers la droite à l’autre bout de la place. Là je me mets à expectorer des glaires.

« Je distingue mal, il y a du brouillard. » Cela signifie que la prise de conscience n’est pas encore très nette, précise. Pourquoi ces mariées alignées? Quand on demande à la rêveuse ce que cela lui évoque elle répond qu’elle pense au mariage de sa mère. De ce qu’on a pu lui dire, car elle n’était pas née, c’était un très beau et grand mariage comme dans les contes de fées. Durant toute son enfance on lui a répété (sa mère en particulier) cette belle histoire qui est devenue la belle histoire de la famille. Une famille de rêve où on s’entendait bien, on était heureux … Et forcément l’idéal des enfants était qu’un jour ils trouvent le conjoint (ou la conjointe) ayant toutes les qualités requises pour pouvoir continuer ou reproduire cette belle histoire. C’est ce qui semble s’être réalisé chez ses frères et sœurs si on en reste aux apparences mais pas pour la rêveuse. Très vite elle a vu, senti que tout cela n’était qu’une belle histoire et que tous les évènements qui ne pouvaient justifier ce bonheur étaient écartés, niés. Elle est devenue le petit canard boiteux de la famille, celui qui dérange, que l’on écarte. En fait celui qui représente tout ce qui est nié. Sa vie a été souvent tout le contraire de ce qui était bien vu dans la famille. Cette belle histoire imposée  inconsciemment est bien représentée par cet alignement de mariées qui pourrait faire penser à un peloton d’exécution. Les mariées « sont figées comme dans un arrêt sur image ». C’est le moment de la prise de conscience. La rêveuse ne veut pas les déranger ce qui signifie qu’elle aussi tient à cette image. Elle aussi a été profondément marquée par elle bien qu’elle ressentait qu’elle était contre sa nature. Elle se met « à expectorer des glaires ». Cette « belle image de bonheur parfait » lui encombre les poumons, l’empêche de respirer. Elle a besoin de s’en débarrasser pour être elle-même.

Voici un rêve qu’elle a eu 3 semaines plus tard :

Rêve – Le couple gêne

Dans une entreprise la rêveuse travaille dans un bureau. A un moment elle a dû s’absenter. Quand elle revient un couple a pris sa place. Irritée elle va voir le directeur pour se plaindre mais celui-ci dit ne pas pouvoir la recevoir car il est pris par un couple.

Dans ce rêve, par deux fois un couple gêne. Le 1er l’empêche de travailler par elle-même car il travaille à sa place. Le travail peut être vu ici comme tout ce qu’elle peut réaliser dans sa vie. Parfois ce couple, qui est une partie inconsciente d’elle-même, une ombre, la belle image du couple idéal, prend sa place et l’empêche de s’exprimer.

Elle veut se plaindre auprès du directeur. Cela signifie qu’elle commence à prendre conscience que ce couple prend sa place et la gêne. Mais un autre couple, qui représente toujours la belle image du couple idéal, l’empêche de parler au directeur.

Voici un rêve de la même rêveuse qui avait précédé de quelques semaines le 1er rêve de cet article.

Rêve – Derrière la maison familiale il y a la mer

Je marche seule sur un chemin. Derrière moi un groupe de personnes qui marchent également sur ce chemin. J’arrive à une belle maison campagnarde près de laquelle il y a une piscine. Les propriétaires se baignent dans la piscine. Derrière la maison j’aperçois la mer mais je ne peux aller plus loin.

La rêveuse marche seule sur un chemin. C’est son chemin personnel, le chemin de sa vie (voir l’article « Il n’y a qu’un seul chemin et c’est votre chemin » C.G. Jung dans « Le livre rouge »). Un groupe de personnes est juste derrière elle. On dirait que la recherche de son chemin personnel est très récente ou qu’en elle la tentation est encore grande de suivre le chemin des autres. Quand on demande à la rêveuse à quoi lui fait penser cette belle maison campagnarde elle répond immédiatement : la maison de mon enfance, la maison de mes parents. Dans le rêve cette maison semble idyllique. En pleine nature, belle. Les propriétaires prennent du bon temps en se baignant dans la piscine. Dans la réalité la maison de son enfance est aussi associée à une plénitude même si par ailleurs elle critique la « belle image de bonheur parfait ». Mais pour l’instant son chemin s’arrête à cette maison. La mer est cette source infinie de vie, cette profondeur en elle qui correspond aux couches les plus anciennes de l’histoire de l’humanité. Cette maison est l’obstacle (comme les couples dans le rêve précédent) qui empêche d’accéder à la mer mais elle est aussi le seul moyen d’y accéder. La rêveuse ne peut la rejeter et chercher un autre chemin. Son chemin à elle passe par cette maison. Elle doit la traverser car cette maison est une partie de son chemin.

Il nous faut aborder ici l’ambiguïté de l’expression « prendre conscience ». Depuis longtemps la rêveuse savait qu’elle subissait une pression pour qu’elle vive cette « belle image de bonheur parfait » véhiculée par sa famille. Elle la combattait en orientant son combat, ses pensées vers sa famille. « C’est à cause d’eux ». Elle ne se rendait pas compte que depuis qu’elle n’était plus une enfant, qu’elle ne vivait plus avec sa famille, que la pression était toujours là imposée principalement par une partie inconsciente en elle. Accuser les autres ne servait plus à rien au contraire cela la détournait de la vraie démarche. Il fallait qu’elle se regarde elle-même, qu’elle ressente, non seulement avec sa pensée rationnelle mais aussi avec son intuition, son sentiment…, son corps, que cette belle image était en elle. Ses rêves l’ont aidée à cette prise de conscience qui n’implique pas seulement son mental, son intellect. Le résultat est qu’elle se sent de plus en plus elle-même, autonome, séparée de sa famille. Cela lui permet naturellement, sans qu’elle ne fasse aucun effort, d’être plus en contact avec sa famille. Elle est en train d’aller vers la mer en traversant sa maison familiale.

Il faut noter que cette belle image du couple traditionnel, de cette famille unie tant désirée, n’est pas réservée à la famille de cette rêveuse. Elle vient d’une couche beaucoup plus profonde que l’inconscient familial même si elle se transmet par lui de façon très différente suivant les familles. Elle est associée à une peur de la solitude, un besoin d’être en lien avec les autres. En général ce lien avec les autres n’est compris que dans une orientation extérieure. Les autres ce sont notre famille, nos amis, nos voisins… Or nous ne voyons pas que ce besoin est l’image d’un besoin intérieur plus profond qui est d’être en lien avec l’inconscient, avec soi-même. Cet inconscient est représenté dans les rêves par les nombreux personnages que sont notre famille, nos amis, nos voisins… Il faut rappeler que ces personnages des rêves sont  les images (les symboles) des personnes que nous connaissons dans la vie extérieure mais aussi celles de parties inconscientes en nous-même.

La citation suivante du Dalaï lama exprime d’une autre façon la réalité de ce qui précède :

Tant que vous pensez que tout est la faute des autres, vous souffrez. Quand vous réalisez que tout prend naissance en vous, vous pouvez alors cheminer vers la paix et la joie.

Voici deux autres rêves d’une personne qui n’avait pas du tout le même rapport avec sa famille.

Rêve – Est-ce que je peux, est-ce que je dois prendre mon bain?

Dans une pièce ronde, un jacuzzi de forme ronde également. Je suis nue sous un drap. La pièce n’est pas complétement fermée. Je ne sais pas si je peux ou dois me mettre dans le bain. Par la suite je parle avec mes tantes. Elles m’imposent des comportements comme quand j’étais jeune. Je me révolte, j’hurle …

Ce jacuzzi de forme ronde c’est la chaleur, le bien être, la détente. Pour cela il faut que la rêveuse suive sa nature, qu’elle soit nue. Mais il y a des difficultés. La pièce n’est pas complètement fermée. La rêveuse semble être surveillée probablement par ses tantes. Elle n’ose pas, elle a besoin de l’assentiment de ses tantes. Mais elle a probablement très envie de ce bain. Alors elle se révolte, elle hurle pour se libérer de l’emprise de cette partie inconsciente en elle qui est représentée par ses tantes.

Cette rêveuse a toujours parlé d’une façon très positive de ses tantes. Elle est toujours très heureuse de les rencontrer, d’échanger avec elles. Ce sont des moments précieux pour elle. Et puis à propos de ce rêve et d’autres dans la même période elle a dit, reconnu, que quand elle était jeune ses tantes lui imposaient souvent ce qu’elle devait penser ou faire. Et sa révolte a commencé. Pas une révolte extérieure contre ses tantes car leur oppression n’était plus (ou peu) présente mais une révolte en elle-même qui exprimait une prise de conscience nouvelle.

Le rêve suivant montre encore sa dépendance inconsciente par rapport à sa famille.

Rêve – La maison que j’ai achetée ne me plaît pas

Avec mon mari et des tantes nous allons visiter la maison que je viens d’acheter. Je la découvre. Elle n’est pas comme je l’avais vue précédemment. Elle est vieillotte, sympa mais décalée. Cela ne va pas. Rien à voir avec celle que nous avons achetée. Je suis embêtée par rapport à ma famille. Qu’est-ce qu’ils vont penser? Une de mes tantes est allongée dans le jardin. Il fait très chaud, l’herbe est très sèche. Ma tante fait un malaise. je suis très mal.

La rêveuse découvre que la maison qu’elle vient d’acheter ne correspond pas à celle qu’elle a achetée. On dirait que son inconscient lui a joué un tour comme cela peut nous arriver quand nous faisons des actes ou avons des paroles qui ne nous ressemblent pas (« nous » c’est-à-dire notre moi conscient). Visiblement sa famille, ses tantes et surtout celle qui a un malaise, ne sont pas d’accord avec cet achat. La rêveuse est très mal, il y a un conflit entre la partie en elle représentée par sa famille et une autre partie d’elle même. Mais quand on lui pose la question : « et si tu avais réellement acheté cette maison ? » Elle répond :  » je ne pourrais pas la laisser comme cela, je la modifierais pour qu’elle me convienne, pour qu’elle soit vraiment la mienne. » Nous voyons donc que dans ce rêve elle semble avoir fait une partie du chemin pour se libérer de l’emprise de ses tantes. Est-ce suffisant ? Nous ne le savons pas. Par contre nous savons que la maison achetée ne plaît pas aux tantes mais n’est pas non plus celle qui convient à la rêveuse. Il lui faudra encore faire des travaux (en elle) pour que sa maison soit vraiment la sienne. L’achat de cette maison qui n’est pas totalement satisfaisante était un premier pas.

Les rêves nous montrent que quel que soit ce qui s’est passé concrètement dans notre enfance nous sommes toujours conditionnés par des parties inconscientes en nous qui proviennent de notre milieu familial. Il n’est pas possible de se débarrasser de son passé et surtout ce n’est pas souhaitable. La prise de conscience de ce qui reste inconscient, que ce soit vu par nous comme positif ou négatif, nous permet de devenir libre d’avancer sur notre chemin personnel. Cette vraie liberté ne nous éloigne pas de notre famille au contraire elle nous permet de nous en rapprocher tout en étant indépendant. C’est ce qui se passe concrètement dans la vie de ces deux rêveuses. Les prises de consciences successives induites par leurs rêves les ont rapprochées de leurs familles.

Le fait de vivre suffisamment longtemps dans notre milieu familial nous a transmis inconsciemment tout un ensemble de pensées, comportements qui nous conditionnent jusqu’à ce que nous en prenions conscience. Cela est aussi vrai pour tous les milieux dans lesquels nous vivons. Il y a  l’inconscient du territoire, du pays… mais aussi plus proche de nous celui des groupes que nous fréquentons : Groupes d’amis, entreprise, associations, partis …De la même façon que les rêves nous aident à nous libérer du conditionnement familial ils peuvent nous aider à nous libérer du conditionnement d’autres groupes ce qui ne veut pas dire que nous les rejetterons forcément. Notre lien avec eux ne sera plus (ou moins) dépendant de notre peur de la solitude.

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Rêves prémonitoires

En 1947 voici ce que répondait C.G. Jung à une question concernant les rêves prémonitoires :

Les rêves prémonitoires ne peuvent jamais être identifiés et reconnus comme tels que quand l’évènement prévu s’est réellement produit. Autrement il règne toujours la plus grande incertitude. D’ailleurs, de tels rêves sont relativement rares. C’est donc absolument peine perdue que de considérer les rêves sous l’angle de leur signification quant-à l’avenir. Le plus souvent on s’égare. (C.G. JUNG Correspondance 1944 – 1949 éditions Albin Michel page 216)

Ce qui ne veut pas dire que les rêves prémonitoires n’existent pas. Chacun en connait dans ses propres rêves ou dans son entourage. Le rêve prémonitoire nous parle d’un évènement qui va se dérouler dans le futur. Il est possible car dans l’inconscient la notion de temps n’existe pas ou pas toujours comme nous la connaissons dans le monde conscient extérieur.

L’évènement annoncé dans un rêve prémonitoire peut être un évènement collectif, concernant un groupe plus ou moins important qui peut aussi être une seule personne, ou le rêveur lui-même. D’une façon générale même quand l’évènement collectif est arrivé il faut toujours se poser la question : « pourquoi ce rêve est-il venu à moi? Qu’est-ce qu’il signifie pour moi intérieurement? »

Car quand bien même nous aurions la certitude que notre rêve est prémonitoire à quoi cela pourrait-il nous servir? Il faudrait également avoir la certitude de la nature de l’évènement qui se prépare. Et nous en ferions quoi? Nous pourrions tenter de nous protéger si l’évènement prévu serait désagréable ou nous réjouir à l’avance dans la cas contraire. Ce serait une attitude de refus de la vie, de non acceptation de ce que nous apporte la vie dans le moment présent. 

C’est bien notre attitude en général. Un refus de vivre, de voir la réalité en face, pour se protéger. C’est probablement une des raisons pour laquelle le rêve prémonitoire intéresse beaucoup l’être humain. Les autres rêves sont souvent dédaignés.  » Ce n’est qu’un rêve! Ce n’est qu’un petit rêve qui reproduit d’une façon anarchique, désordonnée ce que j’ai vécu la veille ou les jours précédents. Ou … ce n’est qu’une réaction biologique de mon corps parce que je suis fatigué, j’ai mal dormi…  »

Cette attitude exprime également une recherche de l’extraordinaire. Avoir une vie de héros, être une célébrité, vivre l’amour fou (lire l’article « L’amour est-il impossible?« ), consommer, gagner beaucoup d’argent, beaucoup de pouvoir, de possessions… Nous sommes dans le paradoxe de la recherche du piment de la vie dans l’extraordinaire (Le bonheur!) alors que ce piment est là devant nous, près de nous dans notre vie ordinaire, dans notre quotidien que nous fuyons. Il suffirait de nous mettre à table. Krisnamurti disait : « Il ne vous suffit pas de voir un beau coucher de soleil, il vous faut, en plus, un ange assis sur le sommet »

Jung a fait l’hypothèse que le rêve exprime une réalité, que le rêve est un message qui nous vient d’ailleurs, un ailleurs que nous ne connaissons pas, que nous ne pouvons connaître directement par notre conscience rationnelle, un ailleurs qui est inconscient.  Si nous faisons cette hypothèse sincèrement, sans à priori, elle va se révéler juste.

Mais il nous faudra du temps, de la patience. Quand nous apprenons une langue étrangère il nous faut de l’intérêt, du temps. Le plus sûr est de se mettre en contact avec un étranger qui pratique cette langue. Cela tombe bien il est là en nous et il n’attend que cela, que nous prenions contact. Au début ce n’est pas facile car cette langue paraît très éloignée de la nôtre. Nous pouvons être aidés par des compatriotes qui ont commencé cet apprentissage bien avant nous ( des livres, un interprète).

Cet étranger qui est en nous va essayer de nous aider comme il peut par des rêves plus simples ou des rêves qui éveilleront plus notre intérêt, notre envie d’apprendre, de dialogue. Des rêves accompagnés de beaucoup d’énergie qui vont nous impressionner plus ou moins longtemps dans notre psychisme mais aussi dans notre corps. Des rêves très agréables qui nous laissent dans une ambiance de paix, de calme mais aussi des cauchemars qui viennent nous secouer, nous réveiller. Et si cela ne suffit pas ces cauchemars reviendrons parfois souvent. Des rêves prémonitoires nous concernant, des rêves de synchronicité. Avec le temps nous comprendrons que les soi-disant petits rêves sont aussi importants que les autres, qu’ils nous accompagnent au quotidien dans notre vie ordinaire, qu’ils sont le lien continu entre nous et l’autre en nous. Et c’est bien là leur fonction, leur raison d’être, faire le lien entre nous, notre conscient et l’autre en nous, notre inconscient personnel qui est la porte vers l’inconscient collectif, le cosmos : faire l’unité de notre personnalité (le Soi).

Mais une relation dépend de l’attitude de chacun. Si nous restons dans l’attente de l’extraordinaire sans nous engager dans la relation, sans nous laisser modifier par l’autre, sans tenir compte de lui dans notre vie extérieure, consciente, l’inconscient va se lasser. Les rêves vont être moins présents, moins forts, à part quelques cauchemars que nous nous empresserons d’oublier. L’autre en nous qui aurait pu devenir un ami va s’éloigner dans une attitude d’opposition. Il fera l’inverse du changement d’attitude de l’ours dans le rêve de l’ours (dans « Deux rêves de présentation« ). Nous n’aurons plus d’intérêt pour les rêves. L’inconscient pourra s’exprimer autrement, beaucoup plus physiquement par des maladies, accidents … Je ne dis pas cela pour faire peur mais parce que pour moi c’est une réalité. Il est bien connu, bien qu’il y ait encore très souvent de grandes résistances, qu’en général les causes d’une maladie sont à la fois physiques et psychiques. Je ne dis pas cela pour vous inciter à faire un travail approfondi sur vos rêves. Je sais que chacun à son chemin personnel (voir l’article « Il n’y a qu’un seul chemin et c’est votre chemin » C.G. Jung dans « Le livre rouge » ). J’ai tendance à penser que comme disait Sigmund Freud « le rêve est la voie royale d’accès à l’inconscient » mais ce n’est pas la seule. Par ailleurs certaines personnes semblent avoir un accès naturel et régulier à l’inconscient sans que celui-ci les possède c’est-à-dire dans une relation équilibrée. C’est le cas de la rêveuse de la chatte Galipette dans l’article Les animaux dans les rêves. Son rapport à l’inconscient est bien montré par le rêve si on le lit en pensant que sa chatte représente l’inconscient.

Mais cette attente, cette recherche de l’extraordinaire, cette illusion, semble être en général nécessaire pour nous donner l’envie d’avancer, d’agir (à moins qu’elle ne reste qu’une rêverie). Cela semble un passage obligé, une étape qui peut être dépassée pour aller vers une conscience et une acceptation du réel. Par exemple dans l’amour fou qui peut être une étape pour aller vers la rencontre véritable de l’être aimé vers le véritable amour quand les illusions tombent peu à peu. C’est le même processus dans l’achat coup de cœur. Quand nous possédons l’objet (voiture, maison ou objet plus petit), avec le temps il perd de son attirance et il devient ce qu’il est vraiment. Un objet utile ou inutile avec ses qualités, ses défauts. Ce changement peut permettre une prise de conscience qui nous transforme. Sinon nous nous en débarrasserons pour repartir à la recherche d’un autre objet ou plutôt de l’attirance, de l’extraordinaire.

Mais revenons aux rêves prémonitoires. Le rêve  « Conflit entre notre monde actuel et la nature » dans l’article Coronavirus, une catastrophe ou une chance? , qui est arrivé début mars 2020, peut être considéré comme un rêve prémonitoire pour la collectivité. On peut penser que l’évènement prédit est déjà arrivé ou/et le sera plus tard avec un impact beaucoup plus important. Mais comme le dit C.G. Jung dans sa lettre de 1947 ne perdons pas de temps dans ces considérations. D’ailleurs la rêveuse n’était pas du tout dans cette orientation. Elle était surtout très perturbée par la violence du rêve et le fait qu’elle ne comprenait pas ce qu’il pouvait signifier. Un an plus tard, avec du recul et en connaissant les rêves qui ont suivi, mais surtout les changements dans sa vie on peut considérer que ce rêve était annonciateur d’une transformation importante chez elle.

Rêves prémonitoires, rêves de synchronicité, grands rêves, petits rêves… Chacun à son message, sa particularité. ni les uns ni les autres ne sont à écarter. 

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Concernant les rêves prémonitoires voir également « Je rêve de ma mort ou de celle d’un proche » dans l’article La mort dans les rêves