Accepter nos faiblesses, nos handicaps

Nous sommes faits de la même matière, d’un assemblage des mêmes composantes. Mais chacun est unique. Nous avons des capacités qui sont différentes de celles de notre voisin. Nos incapacités, nos insuffisances, nos faiblesses elles aussi sont différentes de celles de notre voisin.

Pour nous insérer dans la vie nous devons nous appuyer sur des forces, des dons que nous choisissons de développer, d’exprimer. Ces choix sont orientés par les circonstances mais aussi par le milieu, la société dans laquelle nous évoluons.

En contrepartie nous ignorons nos parties faibles, nous les laissons en sommeil en évitant qu’elles apparaissent au grand jour, nous les rejetons. Quand les évènements extérieurs ou notre voisin les mettent en lumière ça fait mal.

Cette démarche est bien naturelle mais si elle dure trop longtemps, au delà du nécessaire, un manque se fait sentir. Nous fonctionnons qu’avec une partie de nous-mêmes. L’autre en nous, la faiblesse, réclame à être reconnue, acceptée, aimée. L’union de notre personnalité, notre totalité aspire à être vécue, à s’incarner.

Dans les contes de fées ces faiblesses non reconnues sont par exemple l’enfant trouvé ou le troisième fils d’un vieux roi qui est considéré comme simple d’esprit alors que ses frères sont vifs et intelligents. Ce vieux roi est faible et sent qu’il va mourir. Pour choisir lequel de ses trois fils héritera de son royaume il leur donne des épreuves  que le troisième fils réussit devant ses frères. Ainsi le simple d’esprit obtient la couronne, épouse la belle jeune fille rencontrée lors des épreuves et régnera avec sagesse pendant  de longues années.

Dans le rêve suivant ces faiblesses sont représentées par une personne.

Rêve – Le cours de natation

J’arrive au bord d’une piscine pour suivre un cours de natation animé par Marie. Je suis en retard. Ils ont déjà plongé et avancent sous l’eau jusqu’à l’autre bord. Puis ils restent un peu sous l’eau et remontent à la surface. J’ai plongé à leur suite. Pas facile d’avancer en restant sous l’eau. Au bout, en atteignant l’autre bord, j’ai essayé de rester sous l’eau sans respirer. A un moment j’ai senti que j’avais respiré mais l’eau n’était pas entrée en moi.

L’eau est un symbole de l’inconscient, de l’irrationnel,  des eaux primordiales d’où nous venons, de notre mère nature. En naissant sur la terre s’est développé notre moi rationnel qui est nécessaire pour survivre. Mais l’inconscient en nous reste très important et difficilement abordable par le moi (cf « Préambule »  voir « l’inconscient et moi » et « l’accueil des rêves »).

Dans ce rêve le rêveur (son moi conscient) est en formation pour apprendre à pénétrer dans son inconscient (nager sous l’eau). Ce n’est pas facile pour lui d’avancer dans ce monde inconnu. Il n’est pas très à l’aise ce qui peut expliquer son retard. Par ailleurs il ne doit pas respirer de peur d’être submergé, de disparaître, de retourner à l’état d’inconscience. Or à sa grande surprise il arrive à respirer sous l’eau sans être envahi. Il semble qu’il ait trouvé intuitivement cet état où son moi peut être en contact avec l’inconscient sans danger.

Nous pouvons remarquer que sa formation est très progressive, sécurisée. Il n’est pas lâché seul en pleine mer. Cela se passe dans une piscine avec la sécurité de l’autre bord qui ne semble pas très loin et avec l’encadrement de cette femme, Marie. Dans la réalité concrète ce rêveur fait un travail sur ses rêves. On peut considérer que ce travail correspond à cette formation dont le but est d’être à l’aise dans l’inconscient sans être submergé.

Mais Marie, la formatrice du rêve, n’est pas son interprète de rêve. Qui est-elle? Le rêveur dit qu’elle est une amie proche. C’est une femme très simple, très gentille qui ne se met jamais en avant. Elle a du mal à s’affirmer dans la vie, à s’exprimer. Elle reste dans l’ombre. Intérieurement elle est une ombre du rêveur qui est repoussée loin du moi. Le rêve montre qu’elle a une importance fondamentale pour lui, qu’elle peut lui apprendre à être à l’aise avec son inconscient mais pour cela il doit être à l’écoute de cette faiblesse en lui.

Dans les rêves les faiblesses peuvent également être représentées par une personne en situation de handicap comme dans le rêve suivant. Le rêveur était le même que pour le rêve précédent.

Rêve – Regarder attentivement et comprendre…

Je suis avec d’autres dans une petite pièce comme dans l’entrée de mon entreprise ou dans un stage de formation. L’animateur arrive. On me dit qu’il a eu un AVC au nez. Que c’est en lien avec le TGV.  Je suis étonné. Je savais qu’il avait eu un AVC mais au nez?

L’animateur nous explique ce qui est prévu. Il dit qu’un handicapé va venir nous faire une présentation ou un spectacle. Il nous faudra le regarder attentivement et comprendre… Il dit une phrase très alambiquée qui comprend plusieurs fois le mot « sens » dans des sens différents. Les autres font un oh! d’admiration. Moi, je n’ai pas trop compris.

L’animateur du rêve, le rêveur le connait bien. C’est un collègue. Il le décrit comme quelqu’un qui est très centré sur lui sur ses intérêts, son pouvoir. Il écoute peu les autres mais sait donner une bonne image de lui. Collectivement il est bien vu malgré des critiques qui se disent en privé. Il sait se faire bien voir par la hiérarchie qui lui a donné de grosses responsabilités. Il est centré sur l’action, autoritaire, efficace, pas psychologue. Il est extraverti alors que le rêveur est plutôt introverti. C’est une partie inconsciente du rêveur.

Dans le rêve nous comprenons que cette partie du rêveur a bien changé probablement grâce à son AVC. Cet AVC est en lien avec le TGV. Le TGV, Train à Grande Vitesse, peut exprimer ici que cette partie en lui qui est associée à la grande vitesse c’est-à-dire à son désir d’agir vite, efficacement, a eu un accident cérébral, un accident dans le fonctionnement de son cerveau. De cela le rêveur en est conscient par contre il ne sait pas que cet accident est en lien avec le nez. Le nez est l’organe de l’odorat qui nous permet de sentir. Intérieurement c’est sentir une ambiance, sentir quelqu’un par exemple dans l’expression « je ne le sens pas ». C’est un sens tourné vers l’intérieur des situations, qui permet de voir au delà des apparences. A lire la suite du rêve il semble que cet accident lui ai permis d’accéder à cette intériorité à ce sens subtil comme diraient les pratiquants de yoga.

Cette partie du rêveur a vraiment bien changé puisqu’il est maintenant formateur pour apprendre aux autres, et en particulier le rêveur (son moi conscient) à accéder à ce nouveau sens. Pour cela il leur demande de regarder attentivement et comprendre, c’est-à-dire assimiler, comment se comporte une personne en situation de handicap. Chacun sait que le manque, l’handicap permet à la personne de développer d’autres sens, d’autres capacités en réorientant l’énergie non utilisable vers d’autres directions. 

« Il dit une phrase très alambiquée qui comprends plusieurs fois le mot « sens » dans des sens différents. » Le moi du rêveur ne comprend pas. Il est perdu par cette phrase qui joue avec le mot « sens ». Pour lui elle ne fait pas sens! Pour l’instant il a à sa disposition une méthode qui est celle de chercher à regarder ses handicaps et à les comprendre ce qui un jour lui permettra d’accéder à ce sens.

Ce rêve nous montre que,  bien qu’il soit introverti, le rêveur a encore beaucoup de chemin à faire, de travail, pour accéder à l’invisible que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur. Bien que cela ne se voit pas à première vue il fonctionne comme son collègue dans l’urgence de l’action, la recherche de l’efficacité immédiate. L’évolution de l’image de ce collègue en lui va l’aider  à avancer sur ce chemin.

Ce rêve nous montre également que, contrairement à ce qui est admis en général, l’évolution d’une personne ne passe pas uniquement par l’effort du moi pour se changer mais aussi et souvent par une évolution dans son inconscient (ici le collègue) qui peut aboutir à une évolution du moi. Cette évolution de l’inconscient peut provenir d’évènement extérieurs ( par exemple un AVC), d’évènements intérieurs profonds qui ne semblent pas avoir de causes et aussi d’efforts du moi pour se changer même s’ils paraissent à postériori inadaptés.

Je ne résiste pas à faire le parallèle  entre l’orientation générale de notre société occidentale (et même mondiale) toute tournée vers l’urgence de l’action, la recherche de l’efficacité, de la vitesse, du pouvoir, la défense des intérêts particuliers… et l’attitude de ce collègue. Cette orientation générale pèse sur chacun d’entre nous comme une injonction plus ou moins consciente. Faudra-t-il que notre société, elle aussi, ait un AVC au nez pour qu’elle puisse sentir ce qui se trame?

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Lâcher prise, Libération

Dans les rêves le lâcher prise apparaît souvent associé aux toilettes, ce lieu où l’on se libère de tout ce qui encombre, de tout ce qui n’est pas utilisable, exploitable par le corps.  En général cela signifie se libérer de ce qui encombre le psychisme.

Nombreux sont les rêves où le rêveur est à la recherche de toilettes, n’en trouve pas ou se trouve dans l’impossibilité de les utiliser pour de nombreuses raisons : Elles sont bouchées, la porte ne ferme pas à clef, il y a une très grande queue pour y accéder … En voici un dans lequel la rêveuse a réussi à se libérer.

Rêve – Un caca énorme

La rêveuse travaille auprès d’enfants dans l’Éducation Nationale. Elle est dans un bâtiment administratif avec une collègue amie qui doit passer devant un jury pour présenter sa démission. Après avoir travaillé de nombreuses années à son poste actuel, cette collègue a décidé de partir pour une expérience au Canada. Elle a envoyé une lettre à sa hiérarchie pour annoncer sa démission mais aussi pour expliquer les raisons de son départ. Elle a beaucoup travaillé à cette lettre pour décrire son cheminement pendant toutes ses années de travail et montrer que son besoin d’aller vers autre chose est dans la continuité de son travail. Elle a très peur que sa responsable, qui est la présidente du jury, lui mette des bâtons dans les roues.

Voici comment la rêveuse parle de la suite de son rêve : Je lui ai dit : Moi je pense que cela va bien se passer.  Je me suis approchée d’elle et l’ai embrassée sur le front en lui disant : tout se passera bien. A ce moment là j’ai eu une envie subite d’aller aux toilettes. J’étais très pressée. J’y suis allée en disant à ma collègue que je reviendrai. Elle, elle attendait d’être reçue.

Je suis entrée dans les toilettes et j’ai fait un énorme caca. Çà n’arrêtait pas. Je me disais : les toilettes cela ne va pas suffire. Cela me paraissait complètement disproportionné, énorme par la quantité et la grosseur de ce qui sortait. J’étais très surprise et un peu inquiète.  Çà sortait, ça sortait, ça sortait. Puis à un moment j’ai tiré la chasse d’eau avec inquiétude. Apparemment le courant a été assez fort pour tout emmener et cela m’a vraiment fait beaucoup de bien. En sortant il y avait une petite fille. Je lui avais dit d’attendre pour pouvoir finir ce que j’avais à faire. Je lui ai dit qu’elle pouvait y aller maintenant.

Je suis retournée à l’endroit où il y avait le jury. J’ai aperçu mon amie à travers une vitre. Elle m’a regardée en faisant un petit signe. J’ai compris que que ce n’était pas tout à fait terminé mais que cela s’était bien passé. Elle avait été entendue. Puis l’entretien se termine, elle sort. Je la prends dans mes bras. Elle est contente, elle souffle.  Çà a marché.

Nous comprenons à la lecture de ce rêve que la rêveuse s’est réveillée dans une profonde détente. Cette détente, nous l’associons à celle de la rêveuse au moment où dans le rêve elle a réussi à se débarrasser de tout ce qui encombrait ses intestins. Mais elle est aussi celle de la rêveuse et de son amie quand elles apprennent que le jury a accepté la démission.  Il y a un parallélisme évident entre les deux histoires ( le caca et l’entretien avec le jury) qui se déroulent en même temps. Le parallélisme est même mis en scène à la fin quand l’amie fait signe que l’entretien s’est bien passé mais qu’il faut encore attendre, le temps d’attente correspondant au moment où la petite fille va aux toilettes.  Il semble que ces deux histoires soient là pour insister sur la synchronicité entre deux aspects du mécanisme de lâcher prise. L’un étant d’ordre physique, l’autre psychique.

L’amie et la petite fille sont deux parties inconscientes de la rêveuse, qui dans ce rêve, agissent de concert avec la rêveuse (son moi) pour que l’ensemble de sa personnalité (sa totalité ou Soi) aille vers un renouveau profond qui correspond à ce travail au Canada. A propos du Canada, la rêveuse indiquera que dans ce  pays il y a de nombreuses expériences novatrices dans le domaine de l’éducation. C’est pourquoi ce travail au Canada est très attirant pour elle.

Il faut noter que cette libération (ou l’acceptation de la responsable) a été possible grâce à l’action de l’amie pour faire le point sur ses années de travail et montrer que son besoin de renouveau était le résultat d’un cheminement. Le lâcher prise, même s’il arrive soudainement sans rapport avec notre volonté, est le résultat d’un travail. Un « travail » qui se fait en nous mais aussi par nos actions concrètes comme quand nous disons « travail sur les rêves ».

La tentation est grande pour la rêveuse de considérer ce rêve comme ce qui pourrait arriver par la suite c’est-à-dire comme un rêve prémonitoire. Elle se mettrait à rechercher du travail au Canada pour que le rêve se réalise ou elle se poserait sur un petit nuage en attendant que le rêve se réalise indépendamment d’elle. D’une façon générale ce n’est pas l’orientation qu’il faut privilégier.

L’attitude juste est plutôt de se mettre à l’écoute de soi et autour de soi pour repérer le renouveau, la vie qui est à l’œuvre afin de la laisser s’épanouir tout en repérant et en acceptant les forces qui refusent ce renouveau et nous maintiennent dans le passé.

Repérer de nouvelles attitudes qui apparaissent spontanément en nous  mais aussi des évènements indépendants de notre volonté. Pour la rêveuse, ces évènements pourraient être par exemple, mais pas nécessairement, des appels à ce qu’elle recherche un nouveau travail et pourquoi pas au Canada. Dans le cas présent cela sera probablement beaucoup plus subtil dans la mesure où la rêveuse est en retraite, que malgré une passion et un engagement pour son travail dans sa vie professionnelle elle n’est plus dans une attente concrète de ce genre.

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Perle d’un jour – sens de l’interprétation des rêves

Les personnes qui commencent ce travail sont attirées par les rêves, parfois, sans raison particulière, sans raison exprimable. Je dirais que c’est une attirance vers l’inconscient, l’intériorité, un besoin de comprendre, de se comprendre.

Ce besoin peut sembler provenir d’un mal être plus ou moins diffus. C’est peut-être plus précis. Elles ont des rêves difficiles qui reviennent souvent qu’elles associent ou non à des conflits intérieurs ou extérieurs. Elles cherchent à comprendre pour aller vers un mieux être.

Ces personnes débutantes veulent connaitre la signification de leurs rêves pour soulager, améliorer leur situation, la situation de leur partie consciente représentée par leur moi. Qu’est-ce que veut dire ce rêve? Elles ont la conviction que de savoir ce qu’il veut dire va les aider à être plus conscientes, à soulager leur mal être intérieur ou leur donner des éléments pour résoudre des situations difficiles à l’extérieur. Elles ont en partie raison.

Elles cherchent la méthode pour interpréter ou attendent de leur interprète ce que le rêve veut dire. C’est bien normal de vouloir comprendre ce qui gène en nous pour aboutir à un changement libérateur. C’est vrai que cette démarche peut aboutir à des évolutions ou solutions spectaculaires. Mais si elles restent dans cette attitude ces personnes deviennent dépendantes de cette aide que leur procure les rêves, l’inconscient, leur interprète. Elles utilisent l’inconscient pour leur propre satisfaction, pour leur pouvoir (le pouvoir de leur moi). Leur moi reste figé, n’évolue pas et l’inconscient, les rêves arrêteront de les aider. Elles n’auront plus envie de cette méthode qui ne leur apporte pas ce qu’elles cherchent et iront à la quête d’autres méthodes…

Bien que dans des moments difficiles elles peuvent retomber dans l’attitude décrite précédemment, les personnes qui font ce travail depuis suffisamment de temps s’aperçoivent peu à peu que leur motivation change. Leur motivation change parce que leur appréciation de ce qu’est la réalité, de ce qu’elles sont, change.

A force de fréquenter l’inconscient celui-ci devient plus proche, plus fréquentable. Il devient un ami, même si le dialogue est parfois musclé. La confrontation fait grandir chacun (le moi conscient et l’autre l’inconscient). Cette confrontation fait que je me sens moins seul, plus complet, de moins en moins dépendant psychologiquement des autres, des évènements extérieurs. Paradoxalement je ne m’éloigne pas des autres. Au contraire, étant plus indépendant je peux les rencontrer sans risque en étant plus moi-même et en acceptant tels qu’ils sont (Attention : contrairement à ce qui est souvent admis, être moi-même ce n’est pas exprimer tout ce que je pense sans tenir compte de ce qu’est l’autre sans le respecter.).

La conscience s’élargit, s’épanouit, les projections disparaissent. Le moi devient moins unilatéral, il s’assouplit. Une sensation de sécurité intérieure, d’unité apparait peu à peu. Unité de la personnalité, unité avec le monde extérieur. Cette unité avec le monde extérieur n’est pas un monde de bisounours où je plane sur mon petit nuage. Elle n’exclue pas la confrontation, les conflits, la souffrance… Cette unité, C.G. Jung lui a donné le nom de Soi en empruntant un terme indien. Pour les alchimistes c’est la Pierre philosophale. C’est aussi le Graal…

Cette fréquentation continue de l’inconscient, ce dialogue, font que les rêves évoluent et deviennent une aide précieuse pour se connaître au jour le jour dans son évolution, corriger ses attitudes  et même être alerté à l’avance pour agir plus justement. On obtient  l’aide tant souhaitée par les personnes débutantes dans ce travail, mais paradoxalement sans qu’elle soit désirée.

Le chemin vers cette unité est aussi un chemin vers l’acceptation de la vie telle qu’elle se présente au jour le jour, qu’elle soit agréable ou désagréable ce qui n’exclue pas les luttes pour une vie meilleure.

Ce chemin il peut être ressenti dans le poème Le Gallet.

Il peut être ressenti dans le poème suivant qui est apparu récemment dans un rêve.


Perle d’un jour

Perle d’un jour,
fracassée sur la pierre
 blanche à ses heures
Parfois sombre
Petite et forte

L’ombre te saisit

Attendre : c’est plus qu’un mot

Minuscule mais toujours là
Immobile au petit matin
et pourtant tu tourbillonnes
mais pour combien de temps?

Une nouvelle journée s’annonce
éclairée par à-coups
si dense
te recroqueviller, disparaitre
aller plus loin

Non tout simplement Non
Attendre

Voici ce que dit la rêveuse de son rêve et du poème:

Quand je me suis réveillée j’ai eu vraiment la sensation d’avoir écrit un poème en dormant mais je ne me souvenais plus de rien. Comme un rêve dont je ne me souvenais pas. C’était bizarre. Ce n’était pas un rêve comme d’habitude.

Peu à peu des mots se sont imposés très fortement en moi. « Perle d’un jour ». Je me suis dis : ce sont ces mots qui étaient dans le poème cette nuit. Les autres mots ne revenaient pas. Mais « Perle d’un jour » s’accrochaient en moi. C’était très fort. Je me suis dis : Cette perle c’est une perle de culture, une perle blanche. Perle d’un jour, elle est là, aujourd’hui mais elle peut être là tout le temps, éternellement. Et j’ai pensé à ces plongeurs aux bras nus, dans les iles, avec seulement un masque, qui vont chercher ces perles dans les barrières de corail au fond des océan, très en profondeur. 

Je me suis dis : Cette perle… c’est moi. Déjà je sentais autre chose. Les autres mots n’étaient pas loin. Il y avait une sorte d’intégration. Il fallait que ces mots passent dans mon corps pour que je les retrouve. C’était fort. Quelque uns revenaient par exemple : « tourbillonnent », « attendre ». Alors j’ai vraiment pris conscience que j’avais écrit ce poème cette nuit. Il fallait que j’écrive. Les mots étaient là mais pas vraiment formulés. Pour qu’ils reviennent il fallait que j’écrive. Je ne voulais pas forcément écrire mais cela s’imposait à moi, j’étais poussé à le faire. J’ai pris une feuille mais je ne savais pas quoi écrire. J’ai commencé par perle d’un jour et j’ai senti des sensations très fortes. Par exemple comme si je recevais un coup de poing en pensant au mot « fracassée »… J’incrustais les mots au fur et à mesure dans mon corps. C’était bizarre. Violent. Et le poème s’est écrit.

Cela  m’a donné une impression de globalité. Un état… un état pour traverser. Il y a des ressentis qui peuvent paraitre destructeurs mais des choses arrivent qui renouent autre chose… La perle est toujours là, elle est petite, minuscule. Il y a une espèce de mouvement qui peut paraitre turbulent, destructeur… et qui permet d’être là, d’être là. Et puis l’attente.

C’est une attente qui est pleine. L’attente c’est la réceptivité de tout se qui se passe en moi. C’est à la fois le fracas, le chaos, des éléments de force… Tous ces éléments font que ça traverse mais une attente est quelque part nécessaire. Attendre? Au début cela me paraissait bizarre. J’attends quoi? Je n’attends rien mais ce n’est pas une attente où il ne se passe rien. Cette attente elle est nourrie.  C’est à la fois statique , le mot « immobile », mais aussi un mouvement très fort par pleins de mots comme « tu tourbillonnes », « fracassée ».

Et tout cela ça permet d’être là. Tout simplement. Au final ça paraît petit.

Je ne voulais pas écrire, je ne voulais pas. Cela s’est imposé. Il y avait des mots qui se présentaient et en même temps une résistance en moi. C’était surprenant. Dès que j’ai commencé à écrire cela a continué. Quand j’ai relu le poème il y a des mots qui m’ont surpris mais ils étaient sortis comme ça. Alors je me suis dit : ne touche à rien.

Cette histoire de perle c’était en dehors de moi. J’étais là et en même temps je me suis dit : Cette perle c’est moi. Cette perle c’est quelque chose de très petit mais dur quand même. Elle peut rouler, se retourner, elle peut se mettre partout. Elle est très souple, très mobile et en même temps très dure car elle se fracasse aussi. Quand j’en parle je suis complètement nourrie par elle. Je la porte depuis ce rêve. C’est très étrange. Elle est là. C’est une présence forte. C’est une espèce de présence dans le mouvement, une présence d’accompagnement. Elle est en moi, dedans et dehors. Elle fait partie d’un tout. C’est moi mais c’est pas moi. Je ne sais pas comment expliquer ça. C’est plus que le moi, ça le dépasse.

Que rajouter ? Peu de choses de peur que des explications, une interprétation polluent cette expression spontanée, vivante.

Nous aurons reconnu dans la perle un symbole du Soi , de la totalité de la personnalité dans laquelle le moi n’est qu’une petite partie.

Notons également les difficultés auxquelles la rêveuse a dû faire face pour exprimer, incarner ce message qui lui est venu des profondeurs. 

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Un rêve qui a guidé C.G. Jung vers l’inconscient collectif

Le rêve qui suit et les commentaires sont issus du livre « MA VIE » Souvenirs, rêves et pensées C.G. Jung  Recueillis et publiés par Aniéla Jaffé    Éditions Gallimard  collection folio.

[Un rêve] fut important pour moi, car il me conduisit pour la première fois à la notion d’ « inconscient collectif »…

Je me trouvais dans une maison à deux étages, inconnue de moi. C’était « ma maison ». J’étais à l’étage supérieur. Une sorte de salle de séjour avec de beaux meubles de style rococo s’y trouvait. Aux murs, de précieux tableaux étaient suspendus. J’étais surpris que ce dût être ma maison et je pensais : « Pas mal! » Tout à coup me vint l’idée que je ne savais pas encore quel aspect avait l’étage inférieur. Je descendis l’escalier et arrivai au rez de chaussée. Là tout était plus ancien : Cette partie de la maison dataient du XVe ou du XVIe siècle. L’installation était moyenâgeuse et les carrelages de tuiles rouges. Tout était dans la pénombre. J’allais d’une pièce dans une autre, me disant : je dois maintenant explorer la maison entière! J’arrivais à une lourde porte, je l’ouvris. Derrière je découvris un escalier de pierre conduisant à la cave. Je le descendis et arrivai dans une pièce très ancienne, magnifiquement voûtée. En examinant les murs je découvris qu’entre les pierres ordinaires du mur étaient des couches de briques, le mortier en contenant des débris. Je reconnus à cela que les murs dataient de l’époque romaine. Mon intérêt avait grandi au maximum. J’examinai aussi le sol recouvert de dalles. Dans l’une d’elles je découvris un anneau. Je le tirai : la dalle se souleva, là encore se trouvait un escalier fait d’étroites marches de pierre, qui conduisait dans la profondeur. Je le descendis et parvins dans une grotte rocheuse, basse. Dans l’épaisse poussière qui recouvrait le sol étaient des ossements, des débris de vases, sortes de vestiges d’une civilisation primitive. Je découvris deux crânes humains, probablement très vieux, à moitié désagrégés. — Puis je me réveillai.

Il était clair que la maison représentait une sorte d’image de la psyché, autrement dit de ma situation consciente d’alors, avec des compléments encore inconscients.  La conscience était caractérisée par la salle de séjour; elle semblait pouvoir être habitée malgré son style vieillot.

Au rez de chaussée, commençait déjà l’inconscient. Plus je descendais dans la profondeur, plus tout devenais étrange et obscur. Dans la grotte je découvris les restes d’une civilisation primitive, autrement dit le monde de l’homme primitif en moi; ce monde ne pouvait guère être atteint ou éclairé par la conscience. L’âme primitive de l’homme confine à la vie de l’âme animale, de même que les grottes des temps primitifs furent le plus souvent habitées par des animaux avant que les hommes ne s’en emparassent pour eux-mêmes…

Le rêve venait ajouter à ma situation consciente … d’autres couches de consciences : le rez de chaussée au style moyenâgeux, depuis longtemps inhabité, puis la cave romaine et enfin la grotte préhistorique. Elles représentaient des époques révolues et des niveaux de conscience dépassés…

Il remontait, de toute évidence, jusqu’aux bases de l’histoire des civilisations, qui est une histoire de stades successifs de la conscience. Il décrivait comme un diagramme structural de l’âme humaine, une condition préalable de nature essentiellement impersonnelle. Cette idée eut pour moi force d’évidence : it clicked, comme disent les Anglais; et le rêve devint pour moi une image directrice, qui, par la suite, se confirma dans une mesure alors imprévisible. Par ce rêve, je soupçonnais pour la première fois l’existence d’un à priori collectif de la psyché personnelle, à priori que je considérai d’abord comme étant des vestiges de modes fonctionnels antérieurs. Ce n’est que plus tard, lorsque se multiplièrent mes expériences et que se consolida mon savoir, que je reconnu que ces modes fonctionnels étaient des formes de l’instinct, des archétypes.

La  citation précédente de C.G. Jung  est issue du Chapitre Sigmund Freud (à partir de la page 186) du livre « MA VIE » Souvenirs, rêves et pensées C.G. Jung . Elle omet les phrases de Jung concernant sa relation avec Freud et leurs conceptions différentes dans la compréhension des rêves et en particulier celui qui est cité. Ce sujet n’est pas dans l’objectif de cet article.

Si besoin voir Inconscient collectif dans le glossaire.

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Je ne rêve pas ou peu. Pourquoi?

Cette question a d’innombrables réponses en fonction de la personne et de sa situation au moment où la question se pose.

Il faut se souvenir que le rêve est une manifestation de l’inconscient perçue par le conscient. C’est un message qui passe d’un monde à l’autre, la frontière entre ces deux mondes étant appelée le seuil de la conscience. Cette manifestation participe d’un processus naturel qui agit pour que ces deux mondes se rencontrent, que la personnalité s’unifie, que le Soi se réalise.

Si cette unification de la personnalité est déjà bien avancée le rêve est beaucoup moins nécessaire. Le moi conscient peut être à l’écoute d’ombres, de processus inconscients même à l’état de veille. Pour pouvoir développer cette écoute le moi conscient doit être suffisamment fort.

Si au contraire le moi n’est pas encore suffisamment développé, suffisamment fort, si les aléas de la vie lui demandent de mettre toute son énergie dans les réalisations extérieures il ne sera pas orienté vers la perception de ses rêves. Je me souviens d’une conversation avec une jeune femme qui était passionnée par les rêves et leur compréhension et qui était très déçue de ne plus rêver. Elle était en train de s’installer comme maraichère avec très peu de moyens financiers. Ses journées de travail étaient très longues.  Toute son énergie était orientée vers l’extérieur. C’était ce qu’elle devait faire. Un jour elle me dit toute souriante que ses rêves étaient revenus depuis deux jours. En fait il y avait de grosses intempéries et depuis deux jours elle ne pouvait plus travailler dans les champs. En général chacun peut remarquer que les périodes de vacances sont plus propices à la manifestation des rêves.

Dans les autres cas et ils sont nombreux c’est qu’il y a en nous des résistances. Elles sont abordées dans l’article Nos peurs, nos résistances.

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Nos peurs, nos résistances

Il est question ici de nos peurs, de nos résistances à lâcher prise, à nous abandonner, à nous laisser guider par cette « force » en nous (le Soi) qui cherche la réalisation de la totalité que nous sommes.

Il faut redire que ce « nous » qui a peur, qui résiste, peut être aussi bien le moi conscient que des parties inconscientes de la personnalité.

Dans cet article il est questions des peurs ou des résistances qui nous empêchent d’aller vers nous-mêmes mais il y a beaucoup de situations où elles sont nécessaires et utiles pour nous protéger contre l’envahissement par des forces nuisibles que ce soit en nous ou à l’extérieur dans la vie concrète. Dans des situations extérieures ce mot « résistance » peut être un formidable encouragement à protéger la vie, à protéger l’humain, à se protéger.

Pourquoi résistons nous?

Parce que nous avons peur de l’inconnu. Nous connaissons notre situation, nous sommes habitués à elle, même si elle est très difficile. Elle est une sécurité. Si nous nous mettons à changer réellement nous ne savons pas ce que nous allons devenir. C’est une mort de ce que nous sommes sans avoir de garantie sur notre futur. Aux forces de vie qui nous emmènent vers ce que nous sommes profondément s’opposent toujours d’autres forces qui cherchent à maintenir le passé. Il y a donc un conflit entre des forces opposées et son issue n’est pas connue.

Voici deux rêves qui montrent ce conflit à l’œuvre:

Rêve – La Fontaine de Pierre
La rêveuse est dans une forêt. Il y a une fontaine de Pierre. Il y a tellement d’eau qu’elle déborde. Cela fait un petit ruisseau. Dedans il y a des poissons, cela pullule. Il y a beaucoup de vie. La rêveuse a soif, très soif. Elle a très envie de boire l’eau de ce ruisseau mais on lui dit que cette eau n’est pas bonne, qu’elle est dangereuse. Elle est à genoux près du ruisseau. De l’autre coté son ami est dans la même position. Il lui dit que l’eau est bonne et l’encourage à boire. Elle se penche et boit. L’eau est très bonne. Elle se sent merveilleusement bien et se réveille dans une détente profonde.

Nous voyons bien le conflit entre des forces opposées. D’un côté la rêveuse (son moi) a très envie de boire l’eau du ruisseau. De l’autre, une voix lui dit que cette eau est dangereuse. Qui est cette voix? Une ombre en elle qui tente de l’influencer comme nous en voyons beaucoup dans les contes de fées. Ce peut être une sœur jalouse ou une marâtre qui oblige l’héroïne à accomplir les plus humbles travaux domestiques comme dans Cendrillon.

Au moment du rêve,  la rêveuse venait d’entreprendre  un travail sur ses rêves avec une personne proche d’Étienne Perrot et des éditions de La Fontaine de Pierre.  Bien qu’elle semblait beaucoup s’investir dans ce travail (Dans le rêve la rêveuse a très soif), le rêve montre qu’il y avait une hésitation en elle.

La fin du rêve nous montre que la rêveuse a fait le bon choix. Elle n’a pas suivi cette voix qui la faisait douter de la qualité de l’eau. Elle a préféré suivre les conseils de son ami qui représente une partie masculine positive en elle. Au passage il faut noter que dans la réalité son ami est quelqu’un qui a souvent des intuitions qui se révèlent justes. Il est très à l’aise dans l’inconscient. Dans ce rêve qui concerne l’intériorité de la rêveuse elle a eu raison de se laisser guider par lui.

Notons que pour pouvoir accéder à cette eau miraculeuse, cette eau de Vie comme disent les alchimistes, il faut se mettre à genou c’est-à-dire avoir une attitude d’humilité. Reconnaitre que notre moi est bien petit et bien impuissant face à la vie s’il reste toujours ferme dans ses certitudes. Nous sommes souvent d’accord avec cela mais dans la pratique…

Rêve – La touriste veut aller place Saint Pierre à Rennes
Elle veut aller chez elle à Rennes, place St Pierre. Elle va dans une agence de voyage. Deux jeunes hommes se moquent d’elle car elle est une touriste. Ils se moquent également de son doctorat.

Dans la réalité la rêveuse vit à Rennes depuis très longtemps. Dans le rêve elle n’était pas à Rennes. Elle voulait aller chez elle c’est-à-dire dans le lieu en elle qui est sa personnalité profonde, son intimité, son centre, là où elle se sent bien. Ce lieu est plus précis, c’est place Saint Pierre. Il n’y a pas de place Saint Pierre à Rennes. Il y a seulement la cathédrale Saint Pierre. Cette place évoque plutôt la place Saint Pierre de Rome, ce lieu central de la religion catholique qui est celle dans laquelle la rêveuse a baigné dans son enfance. Ce centre en elle représente cette sécurité, non dépendante des aléas de la vie, qu’elle recherche (que nous recherchons tous), cette Pierre immortelle (la Pierre philosophale des alchimistes), le Graal que Jung a appelé le Soi.

C’est inconsciemment ce qu’elle recherche en commençant un travail sur ses rêves, bien que consciemment elle recherche à se soulager d’un mal être, à se débarrasser de rêves qui l’angoissent… Consciemment, elle le fait avec application, sérieux mais une partie d’elle plus inconsciente représentée par ces deux jeunes hommes, la critique.

Ils critiquent son attitude de touriste. En fait, contrairement à ce qu’elle croit elle ne s’engage pas vraiment sérieusement dans ce travail.

« Ils se moquent également de son doctorat ». Cette rêveuse est très attachée aux compétences reconnues par des diplômes. Elle a beaucoup de connaissances dans le domaine des rêves, de la symbolique. Elle semble considérer que l’interprétation des rêves est une technique qui lui donnera des réponses intellectuelles à ses questions sans toucher à sa vie quotidienne. Dans ce travail nous ne sommes pas à la recherche de médicaments pour soigner des symptômes.  (voir Le travail sur les rêves est-il une thérapie?)

Quel est le but de ce rêve qui montre ce conflit entre le désir d’aller vers ce que nous sommes profondément et la résistance à y aller? Tout comme dans le précédent et dans beaucoup d’autres, il montre une situation objective pour que le moi puisse en prendre conscience et fasse réellement le choix de là où il souhaite aller.

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Le Galet

Cueille la joie
quand elle passe
car elle est fleur
et, comme elle,
éphémère.

Savoure le chagrin
dans ton cœur
la lourdeur du deuil
et, lorsqu’ils sont ton lot,
souffre.

Laisse passer sur toi
la tempête qui submerge
colère, peine, jalousie, révolte
découragement, absurdité
dépression.

Sois la roche, tour à tour
Recouverte ou découverte
par la lame
qui la heurte et la façonne.
Demeure.

Comme le galet lissé
au cours des siècles
à force d’être roulé, cogné,
râpé contre ses semblables
par la vague
abandonne-toi.

Quand l’épreuve est trop forte
pour ta faiblesse
ne lutte pas, ne discute pas,
n’essaie pas de comprendre…
laisse-toi rouler, heurter,
meurtrir
en te protégeant comme tu peux.

Et quand la tempête
te laisse exsangue sur le sable
nourris-toi des petits riens;
ce sont les riens
qui peuvent remplir ton vide.

Cueille les petites joies
le soleil qui réchauffe
ton corps et aussi ton âme
une main amie…

Vivre est ta tâche
Accomplis-là
C’est très simple

 

Ce poème est de   Francine Saint René Taillandier-Perrot

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