Perle d’un jour – sens de l’interprétation des rêves

Les personnes qui commencent ce travail sont attirées par les rêves, parfois, sans raison particulière, sans raison exprimable. Je dirais que c’est une attirance vers l’inconscient, l’intériorité, un besoin de comprendre, de se comprendre.

Ce besoin peut sembler provenir d’un mal être plus ou moins diffus. C’est peut-être plus précis. Elles ont des rêves difficiles qui reviennent souvent qu’elles associent ou non à des conflits intérieurs ou extérieurs. Elles cherchent à comprendre pour aller vers un mieux être.

Ces personnes débutantes veulent connaitre la signification de leurs rêves pour soulager, améliorer leur situation, la situation de leur partie consciente représentée par leur moi. Qu’est-ce que veut dire ce rêve? Elles ont la conviction que de savoir ce qu’il veut dire va les aider à être plus conscientes, à soulager leur mal être intérieur ou leur donner des éléments pour résoudre des situations difficiles à l’extérieur. Elles ont en partie raison.

Elles cherchent la méthode pour interpréter ou attendent de leur interprète ce que le rêve veut dire. C’est bien normal de vouloir comprendre ce qui gène en nous pour aboutir à un changement libérateur. C’est vrai que cette démarche peut aboutir à des évolutions ou solutions spectaculaires. Mais si elles restent dans cette attitude ces personnes deviennent dépendantes de cette aide que leur procure les rêves, l’inconscient, leur interprète. Elles utilisent l’inconscient pour leur propre satisfaction, pour leur pouvoir (le pouvoir de leur moi). Leur moi reste figé, n’évolue pas et l’inconscient, les rêves arrêteront de les aider. Elles n’auront plus envie de cette méthode qui ne leur apporte pas ce qu’elles cherchent et iront à la quête d’autres méthodes…

Bien que dans des moments difficiles elles peuvent retomber dans l’attitude décrite précédemment, les personnes qui font ce travail depuis suffisamment de temps s’aperçoivent peu à peu que leur motivation change. Leur motivation change parce que leur appréciation de ce qu’est la réalité, de ce qu’elles sont, change.

A force de fréquenter l’inconscient celui-ci devient plus proche, plus fréquentable. Il devient un ami, même si le dialogue est parfois musclé. La confrontation fait grandir chacun (le moi conscient et l’autre l’inconscient). Cette confrontation fait que je me sens moins seul, plus complet, de moins en moins dépendant psychologiquement des autres, des évènements extérieurs. Paradoxalement je ne m’éloigne pas des autres. Au contraire, étant plus indépendant je peux les rencontrer sans risque en étant plus moi-même et en acceptant tels qu’ils sont (Attention : contrairement à ce qui est souvent admis, être moi-même ce n’est pas exprimer tout ce que je pense sans tenir compte de ce qu’est l’autre sans le respecter.).

La conscience s’élargit, s’épanouit, les projections disparaissent. Le moi devient moins unilatéral, il s’assouplit. Une sensation de sécurité intérieure, d’unité apparait peu à peu. Unité de la personnalité, unité avec le monde extérieur. Cette unité avec le monde extérieur n’est pas un monde de bisounours où je plane sur mon petit nuage. Elle n’exclue pas la confrontation, les conflits, la souffrance… Cette unité, C.G. Jung lui a donné le nom de Soi en empruntant un terme indien. Pour les alchimistes c’est la Pierre philosophale. C’est aussi le Graal…

Cette fréquentation continue de l’inconscient, ce dialogue, font que les rêves évoluent et deviennent une aide précieuse pour se connaître au jour le jour dans son évolution, corriger ses attitudes  et même être alerté à l’avance pour agir plus justement. On obtient  l’aide tant souhaitée par les personnes débutantes dans ce travail, mais paradoxalement sans qu’elle soit désirée.

Le chemin vers cette unité est aussi un chemin vers l’acceptation de la vie telle qu’elle se présente au jour le jour, qu’elle soit agréable ou désagréable ce qui n’exclue pas les luttes pour une vie meilleure.

Ce chemin il peut être ressenti dans le poème Le Gallet.

Il peut être ressenti dans le poème suivant qui est apparu récemment dans un rêve.


Perle d’un jour

Perle d’un jour,
fracassée sur la pierre
 blanche à ses heures
Parfois sombre
Petite et forte

L’ombre te saisit

Attendre : c’est plus qu’un mot

Minuscule mais toujours là
Immobile au petit matin
et pourtant tu tourbillonnes
mais pour combien de temps?

Une nouvelle journée s’annonce
éclairée par à-coups
si dense
te recroqueviller, disparaitre
aller plus loin

Non tout simplement Non
Attendre

Voici ce que dit la rêveuse de son rêve et du poème:

Quand je me suis réveillée j’ai eu vraiment la sensation d’avoir écrit un poème en dormant mais je ne me souvenais plus de rien. Comme un rêve dont je ne me souvenais pas. C’était bizarre. Ce n’était pas un rêve comme d’habitude.

Peu à peu des mots se sont imposés très fortement en moi. « Perle d’un jour ». Je me suis dis : ce sont ces mots qui étaient dans le poème cette nuit. Les autres mots ne revenaient pas. Mais « Perle d’un jour » s’accrochaient en moi. C’était très fort. Je me suis dis : Cette perle c’est une perle de culture, une perle blanche. Perle d’un jour, elle est là, aujourd’hui mais elle peut être là tout le temps, éternellement. Et j’ai pensé à ces plongeurs aux bras nus, dans les iles, avec seulement un masque, qui vont chercher ces perles dans les barrières de corail au fond des océan, très en profondeur. 

Je me suis dis : Cette perle… c’est moi. Déjà je sentais autre chose. Les autres mots n’étaient pas loin. Il y avait une sorte d’intégration. Il fallait que ces mots passent dans mon corps pour que je les retrouve. C’était fort. Quelque uns revenaient par exemple : « tourbillonnent », « attendre ». Alors j’ai vraiment pris conscience que j’avais écrit ce poème cette nuit. Il fallait que j’écrive. Les mots étaient là mais pas vraiment formulés. Pour qu’ils reviennent il fallait que j’écrive. Je ne voulais pas forcément écrire mais cela s’imposait à moi, j’étais poussé à le faire. J’ai pris une feuille mais je ne savais pas quoi écrire. J’ai commencé par perle d’un jour et j’ai senti des sensations très fortes. Par exemple comme si je recevais un coup de poing en pensant au mot « fracassée »… J’incrustais les mots au fur et à mesure dans mon corps. C’était bizarre. Violent. Et le poème s’est écrit.

Cela  m’a donné une impression de globalité. Un état… un état pour traverser. Il y a des ressentis qui peuvent paraitre destructeurs mais des choses arrivent qui renouent autre chose… La perle est toujours là, elle est petite, minuscule. Il y a une espèce de mouvement qui peut paraitre turbulent, destructeur… et qui permet d’être là, d’être là. Et puis l’attente.

C’est une attente qui est pleine. L’attente c’est la réceptivité de tout se qui se passe en moi. C’est à la fois le fracas, le chaos, des éléments de force… Tous ces éléments font que ça traverse mais une attente est quelque part nécessaire. Attendre? Au début cela me paraissait bizarre. J’attends quoi? Je n’attends rien mais ce n’est pas une attente où il ne se passe rien. Cette attente elle est nourrie.  C’est à la fois statique , le mot « immobile », mais aussi un mouvement très fort par pleins de mots comme « tu tourbillonnes », « fracassée ».

Et tout cela ça permet d’être là. Tout simplement. Au final ça paraît petit.

Je ne voulais pas écrire, je ne voulais pas. Cela s’est imposé. Il y avait des mots qui se présentaient et en même temps une résistance en moi. C’était surprenant. Dès que j’ai commencé à écrire cela a continué. Quand j’ai relu le poème il y a des mots qui m’ont surpris mais ils étaient sortis comme ça. Alors je me suis dit : ne touche à rien.

Cette histoire de perle c’était en dehors de moi. J’étais là et en même temps je me suis dit : Cette perle c’est moi. Cette perle c’est quelque chose de très petit mais dur quand même. Elle peut rouler, se retourner, elle peut se mettre partout. Elle est très souple, très mobile et en même temps très dure car elle se fracasse aussi. Quand j’en parle je suis complètement nourrie par elle. Je la porte depuis ce rêve. C’est très étrange. Elle est là. C’est une présence forte. C’est une espèce de présence dans le mouvement, une présence d’accompagnement. Elle est en moi, dedans et dehors. Elle fait partie d’un tout. C’est moi mais c’est pas moi. Je ne sais pas comment expliquer ça. C’est plus que le moi, ça le dépasse.

Que rajouter ? Peu de choses de peur que des explications, une interprétation polluent cette expression spontanée, vivante.

Nous aurons reconnu dans la perle un symbole du Soi , de la totalité de la personnalité dans laquelle le moi n’est qu’une petite partie.

Notons également les difficultés auxquelles la rêveuse a dû faire face pour exprimer, incarner ce message qui lui est venu des profondeurs. 

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Un rêve qui a guidé C.G. Jung vers l’inconscient collectif

Le rêve qui suit et les commentaires sont issus du livre « MA VIE » Souvenirs, rêves et pensées C.G. Jung  Recueillis et publiés par Aniéla Jaffé    Éditions Gallimard  collection folio.

[Un rêve] fut important pour moi, car il me conduisit pour la première fois à la notion d’ « inconscient collectif »…

Je me trouvais dans une maison à deux étages, inconnue de moi. C’était « ma maison ». J’étais à l’étage supérieur. Une sorte de salle de séjour avec de beaux meubles de style rococo s’y trouvait. Aux murs, de précieux tableaux étaient suspendus. J’étais surpris que ce dût être ma maison et je pensais : « Pas mal! » Tout à coup me vint l’idée que je ne savais pas encore quel aspect avait l’étage inférieur. Je descendis l’escalier et arrivai au rez de chaussée. Là tout était plus ancien : Cette partie de la maison dataient du XVe ou du XVIe siècle. L’installation était moyenâgeuse et les carrelages de tuiles rouges. Tout était dans la pénombre. J’allais d’une pièce dans une autre, me disant : je dois maintenant explorer la maison entière! J’arrivais à une lourde porte, je l’ouvris. Derrière je découvris un escalier de pierre conduisant à la cave. Je le descendis et arrivai dans une pièce très ancienne, magnifiquement voûtée. En examinant les murs je découvris qu’entre les pierres ordinaires du mur étaient des couches de briques, le mortier en contenant des débris. Je reconnus à cela que les murs dataient de l’époque romaine. Mon intérêt avait grandi au maximum. J’examinai aussi le sol recouvert de dalles. Dans l’une d’elles je découvris un anneau. Je le tirai : la dalle se souleva, là encore se trouvait un escalier fait d’étroites marches de pierre, qui conduisait dans la profondeur. Je le descendis et parvins dans une grotte rocheuse, basse. Dans l’épaisse poussière qui recouvrait le sol étaient des ossements, des débris de vases, sortes de vestiges d’une civilisation primitive. Je découvris deux crânes humains, probablement très vieux, à moitié désagrégés. — Puis je me réveillai.

Il était clair que la maison représentait une sorte d’image de la psyché, autrement dit de ma situation consciente d’alors, avec des compléments encore inconscients.  La conscience était caractérisée par la salle de séjour; elle semblait pouvoir être habitée malgré son style vieillot.

Au rez de chaussée, commençait déjà l’inconscient. Plus je descendais dans la profondeur, plus tout devenais étrange et obscur. Dans la grotte je découvris les restes d’une civilisation primitive, autrement dit le monde de l’homme primitif en moi; ce monde ne pouvait guère être atteint ou éclairé par la conscience. L’âme primitive de l’homme confine à la vie de l’âme animale, de même que les grottes des temps primitifs furent le plus souvent habitées par des animaux avant que les hommes ne s’en emparassent pour eux-mêmes…

Le rêve venait ajouter à ma situation consciente … d’autres couches de consciences : le rez de chaussée au style moyenâgeux, depuis longtemps inhabité, puis la cave romaine et enfin la grotte préhistorique. Elles représentaient des époques révolues et des niveaux de conscience dépassés…

Il remontait, de toute évidence, jusqu’aux bases de l’histoire des civilisations, qui est une histoire de stades successifs de la conscience. Il décrivait comme un diagramme structural de l’âme humaine, une condition préalable de nature essentiellement impersonnelle. Cette idée eut pour moi force d’évidence : it clicked, comme disent les Anglais; et le rêve devint pour moi une image directrice, qui, par la suite, se confirma dans une mesure alors imprévisible. Par ce rêve, je soupçonnais pour la première fois l’existence d’un à priori collectif de la psyché personnelle, à priori que je considérai d’abord comme étant des vestiges de modes fonctionnels antérieurs. Ce n’est que plus tard, lorsque se multiplièrent mes expériences et que se consolida mon savoir, que je reconnu que ces modes fonctionnels étaient des formes de l’instinct, des archétypes.

La  citation précédente de C.G. Jung  est issue du Chapitre Sigmund Freud (à partir de la page 186) du livre « MA VIE » Souvenirs, rêves et pensées C.G. Jung . Elle omet les phrases de Jung concernant sa relation avec Freud et leurs conceptions différentes dans la compréhension des rêves et en particulier celui qui est cité. Ce sujet n’est pas dans l’objectif de cet article.

Si besoin voir Inconscient collectif dans le glossaire.

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Je ne rêve pas ou peu. Pourquoi?

Cette question a d’innombrables réponses en fonction de la personne et de sa situation au moment où la question se pose.

Il faut se souvenir que le rêve est une manifestation de l’inconscient perçue par le conscient. C’est un message qui passe d’un monde à l’autre, la frontière entre ces deux mondes étant appelée le seuil de la conscience. Cette manifestation participe d’un processus naturel qui agit pour que ces deux mondes se rencontrent, que la personnalité s’unifie, que le Soi se réalise.

Si cette unification de la personnalité est déjà bien avancée le rêve est beaucoup moins nécessaire. Le moi conscient peut être à l’écoute d’ombres, de processus inconscients même à l’état de veille. Pour pouvoir développer cette écoute le moi conscient doit être suffisamment fort.

Si au contraire le moi n’est pas encore suffisamment développé, suffisamment fort, si les aléas de la vie lui demandent de mettre toute son énergie dans les réalisations extérieures il ne sera pas orienté vers la perception de ses rêves. Je me souviens d’une conversation avec une jeune femme qui était passionnée par les rêves et leur compréhension et qui était très déçue de ne plus rêver. Elle était en train de s’installer comme maraichère avec très peu de moyens financiers. Ses journées de travail étaient très longues.  Toute son énergie était orientée vers l’extérieur. C’était ce qu’elle devait faire. Un jour elle me dit toute souriante que ses rêves étaient revenus depuis deux jours. En fait il y avait de grosses intempéries et depuis deux jours elle ne pouvait plus travailler dans les champs. En général chacun peut remarquer que les périodes de vacances sont plus propices à la manifestation des rêves.

Dans les autres cas et ils sont nombreux c’est qu’il y a en nous des résistances. Elles sont abordées dans l’article Nos peurs, nos résistances.

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Nos peurs, nos résistances

Il est question ici de nos peurs, de nos résistances à lâcher prise, à nous abandonner, à nous laisser guider par cette « force » en nous (le Soi) qui cherche la réalisation de la totalité que nous sommes.

Il faut redire que ce « nous » qui a peur, qui résiste, peut être aussi bien le moi conscient que des parties inconscientes de la personnalité.

Dans cet article il est questions des peurs ou des résistances qui nous empêchent d’aller vers nous-mêmes mais il y a beaucoup de situations où elles sont nécessaires et utiles pour nous protéger contre l’envahissement par des forces nuisibles que ce soit en nous ou à l’extérieur dans la vie concrète. Dans des situations extérieures ce mot « résistance » peut être un formidable encouragement à protéger la vie, à protéger l’humain, à se protéger.

Pourquoi résistons nous?

Parce que nous avons peur de l’inconnu. Nous connaissons notre situation, nous sommes habitués à elle, même si elle est très difficile. Elle est une sécurité. Si nous nous mettons à changer réellement nous ne savons pas ce que nous allons devenir. C’est une mort de ce que nous sommes sans avoir de garantie sur notre futur. Aux forces de vie qui nous emmènent vers ce que nous sommes profondément s’opposent toujours d’autres forces qui cherchent à maintenir le passé. Il y a donc un conflit entre des forces opposées et son issue n’est pas connue.

Voici deux rêves qui montrent ce conflit à l’œuvre:

Rêve – La Fontaine de Pierre
La rêveuse est dans une forêt. Il y a une fontaine de Pierre. Il y a tellement d’eau qu’elle déborde. Cela fait un petit ruisseau. Dedans il y a des poissons, cela pullule. Il y a beaucoup de vie. La rêveuse a soif, très soif. Elle a très envie de boire l’eau de ce ruisseau mais on lui dit que cette eau n’est pas bonne, qu’elle est dangereuse. Elle est à genoux près du ruisseau. De l’autre coté son ami est dans la même position. Il lui dit que l’eau est bonne et l’encourage à boire. Elle se penche et boit. L’eau est très bonne. Elle se sent merveilleusement bien et se réveille dans une détente profonde.

Nous voyons bien le conflit entre des forces opposées. D’un côté la rêveuse (son moi) a très envie de boire l’eau du ruisseau. De l’autre, une voix lui dit que cette eau est dangereuse. Qui est cette voix? Une ombre en elle qui tente de l’influencer comme nous en voyons beaucoup dans les contes de fées. Ce peut être une sœur jalouse ou une marâtre qui oblige l’héroïne à accomplir les plus humbles travaux domestiques comme dans Cendrillon.

Au moment du rêve,  la rêveuse venait d’entreprendre  un travail sur ses rêves avec une personne proche d’Étienne Perrot et des éditions de La Fontaine de Pierre.  Bien qu’elle semblait beaucoup s’investir dans ce travail (Dans le rêve la rêveuse a très soif), le rêve montre qu’il y avait une hésitation en elle.

La fin du rêve nous montre que la rêveuse a fait le bon choix. Elle n’a pas suivi cette voix qui la faisait douter de la qualité de l’eau. Elle a préféré suivre les conseils de son ami qui représente une partie masculine positive en elle. Au passage il faut noter que dans la réalité son ami est quelqu’un qui a souvent des intuitions qui se révèlent justes. Il est très à l’aise dans l’inconscient. Dans ce rêve qui concerne l’intériorité de la rêveuse elle a eu raison de se laisser guider par lui.

Notons que pour pouvoir accéder à cette eau miraculeuse, cette eau de Vie comme disent les alchimistes, il faut se mettre à genou c’est-à-dire avoir une attitude d’humilité. Reconnaitre que notre moi est bien petit et bien impuissant face à la vie s’il reste toujours ferme dans ses certitudes. Nous sommes souvent d’accord avec cela mais dans la pratique…

Rêve – La touriste veut aller place Saint Pierre à Rennes
Elle veut aller chez elle à Rennes, place St Pierre. Elle va dans une agence de voyage. Deux jeunes hommes se moquent d’elle car elle est une touriste. Ils se moquent également de son doctorat.

Dans la réalité la rêveuse vit à Rennes depuis très longtemps. Dans le rêve elle n’était pas à Rennes. Elle voulait aller chez elle c’est-à-dire dans le lieu en elle qui est sa personnalité profonde, son intimité, son centre, là où elle se sent bien. Ce lieu est plus précis, c’est place Saint Pierre. Il n’y a pas de place Saint Pierre à Rennes. Il y a seulement la cathédrale Saint Pierre. Cette place évoque plutôt la place Saint Pierre de Rome, ce lieu central de la religion catholique qui est celle dans laquelle la rêveuse a baigné dans son enfance. Ce centre en elle représente cette sécurité, non dépendante des aléas de la vie, qu’elle recherche (que nous recherchons tous), cette Pierre immortelle (la Pierre philosophale des alchimistes), le Graal que Jung a appelé le Soi.

C’est inconsciemment ce qu’elle recherche en commençant un travail sur ses rêves, bien que consciemment elle recherche à se soulager d’un mal être, à se débarrasser de rêves qui l’angoissent… Consciemment, elle le fait avec application, sérieux mais une partie d’elle plus inconsciente représentée par ces deux jeunes hommes, la critique.

Ils critiquent son attitude de touriste. En fait, contrairement à ce qu’elle croit elle ne s’engage pas vraiment sérieusement dans ce travail.

« Ils se moquent également de son doctorat ». Cette rêveuse est très attachée aux compétences reconnues par des diplômes. Elle a beaucoup de connaissances dans le domaine des rêves, de la symbolique. Elle semble considérer que l’interprétation des rêves est une technique qui lui donnera des réponses intellectuelles à ses questions sans toucher à sa vie quotidienne. Dans ce travail nous ne sommes pas à la recherche de médicaments pour soigner des symptômes.  (voir Le travail sur les rêves est-il une thérapie?)

Quel est le but de ce rêve qui montre ce conflit entre le désir d’aller vers ce que nous sommes profondément et la résistance à y aller? Tout comme dans le précédent et dans beaucoup d’autres, il montre une situation objective pour que le moi puisse en prendre conscience et fasse réellement le choix de là où il souhaite aller.

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Le Galet

Cueille la joie
quand elle passe
car elle est fleur
et, comme elle,
éphémère.

Savoure le chagrin
dans ton cœur
la lourdeur du deuil
et, lorsqu’ils sont ton lot,
souffre.

Laisse passer sur toi
la tempête qui submerge
colère, peine, jalousie, révolte
découragement, absurdité
dépression.

Sois la roche, tour à tour
Recouverte ou découverte
par la lame
qui la heurte et la façonne.
Demeure.

Comme le galet lissé
au cours des siècles
à force d’être roulé, cogné,
râpé contre ses semblables
par la vague
abandonne-toi.

Quand l’épreuve est trop forte
pour ta faiblesse
ne lutte pas, ne discute pas,
n’essaie pas de comprendre…
laisse-toi rouler, heurter,
meurtrir
en te protégeant comme tu peux.

Et quand la tempête
te laisse exsangue sur le sable
nourris-toi des petits riens;
ce sont les riens
qui peuvent remplir ton vide.

Cueille les petites joies
le soleil qui réchauffe
ton corps et aussi ton âme
une main amie…

Vivre est ta tâche
Accomplis-là
C’est très simple

 

Ce poème est de   Francine Saint René Taillandier-Perrot

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Le travail sur les rêves est-il une thérapie ?

Le travail sur les rêves nous emmène vers une connaissance de soi, une prise de conscience de ce que nous sommes. Il nous aide à être pleinement ce que nous sommes.

Cette connaissance de soi, cette prise de conscience peut se traduire par des mots. Nous pouvons nous dire : voilà comment je suis, voilà comment je me comporte dans telle situation. Mais ces mots ne sont jamais définitifs. Ils évoluent sans cesse. Ils dépendent de là où le rêve oriente notre regard à un moment précis. Plus tard ils seront nuancés, modifiés même. Un jour nous pouvons nous voir blanc, le lendemain noir mais ce sera la même réalité qui est complexe. « Le mot n’est pas la chose » disait Krishnamurti. Le mot est figé. Or la réalité n’est pas figée. Nous sommes en perpétuelle évolution. Les rêves nous aident à avoir cette souplesse nécessaire, cette adaptation mentale pour capter la vie en nous.

Cette souplesse est incompatible avec le jugement. Il ne peut y avoir de jugement si nous cherchons à approcher la réalité de ce que nous sommes. La réalité est ce qu’elle est. Bien entendu les jugements existent. Ils ont été créés en nous par notre environnement. Les rêves nous aident à les reconnaître à les mettre à distance.

Les rêves utilisent souvent (pas toujours) ce qui est connu par le rêveur, son passé (ce qu’il a vécu la veille, dans son enfance …). Ils agencent ce passé à leur façon en mélangeant les souvenirs afin que nous prenions conscience de comment nous sommes, comment nous vivons aujourd’hui. Comment aujourd’hui nous sommes conditionnés par notre passé, comment nous sommes forgés par ce que nous avons fait, vécu. Le but est de faire en sorte que nous acceptions pleinement ce passé, ce vécu afin de nous en libérer pour vivre pleinement notre présent.

Cette connaissance de soi, cette prise de conscience se fait aussi et surtout par du non verbal. Nous ressentons ce que nous sommes comme nous ressentons notre corps, notre respiration. Nous accédons à une « connaissance » souterraine qui appartient à un autre monde en nous. C’est par exemple cette perception de la rêveuse dans  » Le rêve de l’œuf« 

Cette connaissance de soi, cette prise de conscience débouchent sur des évolutions, des transformations qui nous surprennent car elles ne sont pas le résultat d’un vouloir, d’un désir. C’est comme si nous avions été opérés et changés sans que nous y soyons pour quelque chose. D’ailleurs les rêves utilisent souvent cette notion d’opération physique, de soins en hôpital. Ces transformations nous réconcilient avec nous-mêmes. Elles nous permettent d’être plus en lien avec les autres (avec le monde)  sans nous confondre avec eux.

Peut-on parler de thérapie ?

Le dictionnaire nous dit que ce mot vient du grec therapeia qui veut dire soin, cure. Si un soin est nécessaire c’est que nous sommes malades et que nous souhaitons supprimer cette maladie. Ce qui précède est loin de la description d’une méthode pour supprimer une maladie sauf à dire que cette maladie est dans chaque être humain, qu’elle fait partie de sa nature et qu’elle s’appelle inconscience.

Les personnes qui sont vraiment engagées dans un travail sur leurs rêves ne se posent plus cette question.

Quant à celles qui cherchent une méthode pour supprimer un mal être en se reniant elles-mêmes, c’est-à-dire sans se remettre en question, soit elles évolueront dans leur recherche soit elles passeront bien vite à d’autres méthodes.

A la question « qu’est-ce que le travail sur les rêves ? » voici une réponse donnée par un rêve à une rêveuse qui s’était posé la question de la thérapie

Religion intérieure

Rêve – L’interprète l’emmène dans une église

L’interprète de rêves l’emmène dans une église. Là elle voit une amie d’enfance très pieuse qui prie. L’interprète dit bonjour au prêtre. La rêveuse se présente. Le prêtre lui demande en riant de lui montrer son identité. Il la prend par la main et la fait tourner autour d’elle même. Elle trouve que cette église est super créative. C’est une nouvelle religion. Elle se sent bien.

Puis elle arrive à côté d’un manège où un groupe de personnes font un cercle en dansant. L’interprète est déjà dans le cercle. Elle y entre avec son compagnon.

À son réveil la rêveuse s’est trouvée dans un état de légèreté, de bien être, de paix.

Ce rêve était probablement une réponse à une question qu’elle se posait plus ou moins consciemment. « Ce travail sur les rêves que j’ai entrepris depuis quelque temps déjà, qu’est-ce que c’est, où cela m’amène-t-il ? » D’ailleurs elle s’était réellement posé la question : est-ce une thérapie ? Son interprète lui avait demandé sa réponse. Elle avait répondu : non ce n’est pas une thérapie. Ce n’était pas ce qu’elle connaissait des thérapies mais elle ne savait rien dire de plus.

Mais revenons à ce rêve. Cette église où l’emmène son interprète de rêves, c’est-à-dire son travail d’accueil de ses rêves,  ne correspond pas ou peu à l’image qu’elle se fait d’une église actuellement.

Pour être dans cette église il faut montrer son identité en tournant autour de son axe comme une danseuse. Son identité réelle correspond à toutes les parties qui la composent. Ce n’est pas seulement ce qu’elle montre ordinairement, sa face avant mais toutes ses faces en particuliers ses parties inconscientes qui sont dans le dos, sur les côtés. Le prêtre pose sa question en riant car elle est dans une ambiance de détente, de bonne humeur. Il n’y a pas vraiment d’obligation immédiate.

Cette danse autour de son axe c’est aussi pour le ressentir cet axe autour duquel s’organise la totalité de ce qu’elle est.

Cette image de la danse autour de son axe est complétée par la danse en cercle autour du centre. Ce centre, Jung dirait le Soi ,  est cette sécurité qui nous détermine, cette pierre solide, immuable dont parlent les alchimistes et qu’ils nomment la pierre philosophale.

Voir aussi l’article « Perle d’un jour – sens de l’interprétation des rêves »

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Les rêves et la vie

Le but de ce site est de vous aider à être en lien avec votre intériorité, votre profondeur, en vous familiarisant avec la compréhension de vos rêves.

Les rêves présentés ont été choisis pour représenter le plus simplement comment fonctionne l’âme humaine ou plutôt comment je la perçois dans mes propres rêves et dans ceux des personnes qui me les confient. Les noms ont été changés et les détails trop personnels enlevés par respect pour l’intimité des rêveurs.

Ce site est en chantier. Il le sera toujours. Comme la Vie qui ne se laisse pas enfermer dans un espace fini à l’abri de frontières, de certitudes. Je compte sur elle et sur les rêves pour me rectifier lors de mes dérapages.

Je compte également sur vous, lecteurs, pour connaître vos difficultés de compréhension ou vos questionnements. L’accueil de ses propres rêves est un dialogue avec soi-même. L’accueil des rêves des autres est aussi un dialogue avec soi-même car tout en étant unique l’être humain est comme les autres, fait de la même matière. Ce dialogue est une démarche vers la connaissance de soi, la connaissance des autres, la connaissance de la Vie.

Pour commencer je vous conseille vivement de consulter le menu Accueil des rêves dont les articles  sont présentés dans un ordre qui devrait, je l’espère, faciliter une compréhension progressive  des rêves sans connaissance particulière.

Par la suite vous pourrez consulter les articles qui suivent en fonction de votre intérêt personnel.